Vers une exclusivité de niche pour le commerce informel et un réalisme du marché pour l’entrepreneuriat ethnique.

Le commerce informel dans les pays en émergence, de par sa simplicité de mise en œuvre, offre la chance à un nombre important d’acteurs économiques de bâtir un revenu de vie de leur activité. Cette faible barrière à l’entrée diminue dans le même temps la possibilité pour les individus de capter une partie substantielle des flux financiers disponibles tant la pluralité entraîne des parts de marché insuffisantes. Le poids économique de ce secteur est un cumul d’activités de taille critique. On est donc dans une dynamique de subsistance et non de performance. Rien de nouveau. Pour compléter ce constat on peut souligner que l’habitude des aspirants au commerce informel est de s’aligner sur la tendance de la masse. « Cette activité marche bien » ou « beaucoup de gens font ce type de commerce » donc « je me lance aussi ». Le succès des autres est la seule garantie qu’on a une chance de tirer aussi son épingle du jeu. La résultante hélas est que cela sature l’environnement avec des commerces « clones » ou le choix de l’acheteur se fait souvent par affinité familiale, religieuse, linguistique…

Dans un autre ordre d’idée, l’entrepreneuriat ethnique dans les pays accueillant des communautés culturelles formant des diasporas économiques, fait intervenir encore peu d’acteurs. Ceux-ci sont aux prises avec un faible accès aux financements, une faible culture entrepreneuriale (souvent inadaptée) et une tendance à la valorisation des carrières professionnelles de la part de leur entourage (pour confort ou la sécurité patrimoniale et la crainte du la prise de risque financier). Chaque entrepreneur ethnique aura ainsi tendance à clamer l’originalité de son idée et son caractère unique se basant sur une faible étude de marché. Il aura aussi tendance à se comparer à des concurrents abordables ou de proximité sans avoir une vision réaliste de l’ensemble du marché (y compris le domaine non ethnique). Un simple rééquilibrage de ces deux penchants (quelque peu caricaturées ici) amènerait à inviter l’acteur économique informel à se baser sur ses aptitudes ou ressources personnelles pour définir une niche et différencier ainsi son activité : un vendeur de tissus en Bazin peut avoir dans son portefeuille d’articles, la meilleure collection de Bazin de couleur bleue et être reconnu dans tout l’espace de vente pour cela et attirer une clientèle ayant ce besoin spécifique. En ce qui concerne l’entrepreneur ethnique, il ne doit pas hésiter à présenter son activité avec les références et les catégories utilisées par le reste de la communauté d’affaires (même si il met avant son approche ou sa finalité ethnique) : une entreprise offrant des services de « life coaching »  à des personnes en détresse d’une communauté ethnique ne doit pas s’affranchir d’un minimum de formation personnelle de la part du coach et non tout miser sur l’expérience de vie qui n’a pas label de qualité ni de certification exigible.

Dans un cas, l’évolution vers des exclusivités de niche permettrait stratification du marché informel en créant d’emblée des avantages concurrentiel solides pour chacun. Dans l’autre, le réalisme des prétentions de services ou de produits renforce la crédibilité et le professionnalisme de l’entrepreneur ethnique qui franchira naturellement les étapes vers son affirmation dans le bassin économique auquel il appartient. Le changement de vision et de paradigme est plus que jamais nécessaires pour s’adapter à la nouvelle ère qui s’est ouverte récemment avec la fin d’un monde de la finance, du management et de l’économie centrée sur concentration des richesses. Une nouvelle génération du partage et du réinvestissement dans les communautés devrait pouvoir établir bientôt de nouveaux standards d’attitudes économiques pour le plus grand bien de la planète…

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