Vaincre par la force des âmes

Osons être réaliste. L’union entre africains ou, au-delà, entre peuples noirs a peu de chances d’être le fruit d’un consensus ou d’une déclaration commune. Il est plus judicieux de chercher notre Salut par l’opposition puis l’imposition des règles du plus fort voire de l’élu aux autres soumis au rôle de vassal pour rester poli. L’union européenne s’est bâtie sous l’impulsion d’une troïka de membres forts économiquement (et parfois militairement) qui a défini les règles et y a fait adhérer les plus faibles et les plus en demande dans un échange gagnant gagnant plus d’investissement sur mon sol vs plus de poids économique. A plus large échelle les membres du conseil de sécurité ou du G20 fédèrent (ou si vous préférez oppresse) la terre autour de leurs valeurs comme la sacrosainte démocratie, la laïcité, le rapport de genre, la bonne gouvernance etc.

En parlant de cette démocratie. Pour combien de temps allons-nous encore la supporter de cette manière dans la plupart des pays africains. Dans bien des cas le peuple vote un changement qui ne se fait pas et la communauté internationale fait fi des demandes de justice du peuple rappelant mollement le respect des institutions et attendant patiemment de passer à la caisse pour récupérer les parts d’exploitation des matières premières. Là encore je pense que le monde évolue aussi au niveau des profils des leaders qui doivent être non seulement représentatifs du peuple (l’habituelle « démocratie ») mais aussi de l’état des forces cosmiques de l’Univers (la trop délaissée « théocratie »). On assiste dans cette ère à une foire de non-initiés qui dirigent sans être éclairés et incitent de fait leurs administrés à dégrader encore plus leur karma quand ils n’usent pas de violence contre eux pour oui ou un non.

Si on en revient à notre histoire les grands sous-ensembles africains de l’ouest, du centre et du sud (pour ne citer que ceux-là) sont le fait de l’imposition de la force d’un puissant régent selon le moyen de médiation contemporain (l’armée, le commerce, la parole, l’or etc.). Ainsi de par le passé, des souverains comme Soundiata Keita, El Hadj Omar Tall, ou encore Shaka ont battis de grands empires par inféodation des plus petits. On parle aussi des rayonnant empires du Ghana, du Mali, Songhaï, du Monomotapa, Toucouleur, du royaume d’Abomey, des royaume d’ifé etc. Ce phénomène d’unification par la force est présent dès l’Égypte antique qui est l’une des premières civilisations connues et florissante. L’un des premiers régents, le Pharaon Nemrod porte un nom dont la signification pourrait être « se rebeller » ou « celui qui a dompté le tigre » et pourrait nous mettre sur la piste de l’émancipation par la force face à une trop grande oppression (sans revenir sur son déclin par orgueil comme dans bien des cas).

Dans notre ère, l’économie est de fait le moyen de médiation par excellence, et ma vision est que les économies les plus puissantes d’Afrique pourraient entrainer le reste du continent dans leur sillage en s’imposant et imposant les meilleurs pratiques de leur culture économique aux autres qui restent à la traine. Inutile d’y voir de l’iniquité ou de l’ingérence ou encore une atteinte à la souveraineté. Celles-ci viennent plutôt de nos nombreux prédateurs qui se voilent à peine de nos jours pour réaliser leurs forfaits.

On a eu un embryon du modèle que je décris avec les importants investissements réalisés par la Libye dont le Leader a fini par avoir une vision pour son continent mais qui a été éliminé par ceux qui défendent leur pré-carré idéologique, économique et géopolitique. On peut s’imaginer aisément que l’éternelle et douce France qui,sans les ressources de ces ex colonies (ex n’étant qu’un diminutif d’exotique) ne serait qu’un village Gaulois, certes valeureux et aux connaissances druidiques, mais entouré de vrai camps de légions qui ont appris à ne dépendre de personne pour le PIB. Il ne suffirait pas alors de se contenter de manger du gigot de sanglier (notre « sang lié » par la honteuse monnaie jumelle XOF et XAF) ou de protéger la formule de la potion qui n’est autre que l’influence diplomatique, hermétique et mafieuse sur une minorité qui opprime les plus faibles dans leur propre pays.

Ceci dit et pour reprendre mon propos l’union africaine devrait être dirigée par les pays les plus en avance dans leur domaine afin qu’ils puissent disposer d’une influence géopolitique certaine sur les décisions régionales ou panafricaines Ex : le cas de l’implantation du groupe Dangoté au Sénégal. On peut se féliciter d’ores et déjà de la poursuite de l’intégration sous régionale qui se poursuit (UEMOA, CDEAO, CEMAC, COMESA etc.) mais hélas dans les faits ces institutions reprennent les travers des administrations des ex-colonisateurs qui les ont suggérées. Inertie et ou ignorance des uns contre impuissance des autres prêts résolument à donner leur contribution à la réappropriation de notre pouvoir économique.

Pour ne pas faire trop long, je m’en vais vous faire une proposition indécente en guise de clôture. La voici :et si nous reprenions les armes ? Oui comme on l’a toujours fait. Du temps de nos ancêtres si bien chantés dans nos hymnes nationaux. Ces fiers guerriers qui savaient donner leur vie pour leur royaume. Sans écouter les waswas de djinns et d’Hommes pervertis qui nous inviteraient à perdre notre temps en discutions stériles où le plus faible fait avorter des mois de tractations par son empressement à accepter des garanties, largesses ou babioles en guise de corruption de la part de ceux qui veulent maintenir un certain contrôle sur l’approvisionnement en ressources issus de notre sol. Cette guerre est nécessaire car on a trop dormi et pensé qu’on vivrait l’éternité sans efforts particuliers. A reproduire les même gestes insufflés sinon dicté (« l’émergence » tu connaissais ça il y a quelques années?) pour obtenir des résultats différents conforme aux promesses des illusionnistes. Cette guerre est économique inter et intra états se fera pour l’imposition d’un modèle économique africain qui représentera la plus forte tendance généralement acceptée et reconnu par tous et de façon durable. Une course au leadership pour un modèle à adapté à l’environnement d’un marché en constante évolution mais où notre Sagesse nous donne à observer les cycles de la Nature (n’en déplaise à ceux qui se sont coupé de leur racines intimes). On a trop souvent célébré notre diversité notre multiculturalisme même si c’est un fait. Mais pour des raisons stratégiques il est bon de définir des modèles communs qui nous représentent sans détruire notre richesse culturelle interne. Un exemple : seriez-vous prêt à porter et vanter les mérites d’un dashiki à une autre culture sans être ouest africain tout en préservant votre propre style d’habillement traditionnel qui ne s’est pas encore imposé pour le moment comme une tendance mondiale ?

Chers amis entrepreneurs, guerrier de cette lumière contemporaine, main d’œuvre économique déplacée voulant se créer un revenu face aux conditions du marché de l’emploi, Il est temps de reprendre vos armes Marketing, d’aiguiser votre branding, de repenser votre stratégie d’entreprise et surtout de choisir votre camp car avant les armes de management c’est l’âme qu’il faut unir au combat et savoir si on le fait pour les bonnes raisons : accumulation de possessions terrestres ou retour vers Sion, la céleste. L’humanité sort toujours grandie de la compétition (naturelle). C’est à cette condition qu’elle se perpétue. Laissant les moins adaptés disparaitre et les plus aguerri transmettre la vie pour un nouveau cycle ayant ces propres lois. Et ceci jusqu’à l’Heure dont la connaissance de l’occurrence est de la connaissance de l’Un mais que tout être est inviter à prendre en considération.

« Pour cette foi ci, le combat sera un combat d’Hommes »