Une nouvelle compagnie panafricaine

Une région est fière de mettre en avant un fleuron qui la représente dans le monde et qui est le symbole de son rayonnement économique, de l’image de sa civilisation, de son savoir faire et de sa façon d’être. L’Europe a souvent défendu des entités comme les consortiums Airbus ou EADS par des interventions impliquant politiques et hommes d’affaires. Le caractère supranational de ces entreprises montre l’intégration de cette région et sa force.

Du point de vue de certains esprits de la diaspora, habitués à se confronter aux différentes cultures charriées par une économie mondialisée, une compagnie de l’Union Africaine devrait prendre son envol dans un ciel libéralisé ou le paradoxe d’une croissance économique favorable du continent va de pair avec une nécessité de rigueur en gestion dans un contexte concurrentiel. Après la disparition du premier transporteur ayant intégré les espoirs de plusieurs états nouvellement émancipé, une pléthore d’initiatives ont vu le jour. Chacune revendiquant l’appellation et le pouvoir d’être le phœnix légitime né des cendres du fleuron multinational.

Dans l’esprit des nouvelles générations d’acteurs économiques ayant connu l’activité du célèbre « Air peut être » dans leur enfance, les images s’emmêlent. Les souvenirs côtoient les espoirs d’avoir enfin un symbole de l’Union qui serait l’ambassadeur de notre région qui s’affirme de plus en plus par son dynamisme éternellement naissant mais dont les premiers éléments de réalisation se font enfin sentir. Une nouvelle génération de dirigeants succédant aux pères de l’indépendance, puis aux acteurs de la Françafrique, lancent un renouveau de leadership dans la continuité quasi dynastique et non démocratique auquel les connaissants en traditions s’accommodent. L’alternance n’étant qu’une question de point de vue et d’hommes. Il s’agit plus ici de mettre à profit le leadership et les compétences des nouveaux dirigeants d’entreprise d’Afrique et de sa diaspora pour fonder une initiative économiques et managériales concourantes pour créer une compagnie et assoir une vision politique.

Dans les Cités des pays industrialisés où une partie de l’élite du Peuple noir tient l’un des fronts du « conflit économique » que représente la libéralisation des marchés. Il est difficile d’envisager un passage par une industrialisation du continent à partir du secteur primaire comme l’on connu d’autres cultures. Les secteurs des services et du commerce devraient être le moyen de médiation par lequel le continent a toutes les chances de briller. Une sublimation de l’état solide (primaire) des économies sans passer par la transition liquide (industrielle) demandant plus de temps en investissement.

Les peuples ont toujours le plaisir de voir les empennages aux couleurs de leur pays ou région dans les aéroports du monde. Pour une fois les hommes politiques et les hommes d’affaires peuvent travailler ensemble dans une vision stratégique de l’économie et surpasser les intérêts politiques nationaux. Le poids affecté au profil managérial ne doit pas être mineur. Il s’agit d’une volonté économique, d’une entreprise viable et visant à être performante plus qu’un bassin monétaires devant combler les déficits des gouvernements impliqués. C’est surtout une question de fierté et d’image.

Le plus dur reste à faire dès maintenant, à savoir poser des bases saines et se préparer à affronter une concurrence accrue depuis que l’Afrique attire la convoitise par son fort potentiel de croissance. Il est plus envisageable de réaliser plusieurs fusions progressives de compagnies privées ou nationales devant conduire à une harmonisation des flottes et des ressources pour créer un leader semi publique améliorant et dépassant le modèle audacieux  d’Air France KLM. Ce nouvel « Aigle » doit prend son envol pour s’imposer dans son ciel. Un changement dans les formes et le choix de nouveaux partenariats est souhaitable. Le poids de l’histoire ne peut indéfiniment influer sur des décisions de bon sens et des échanges commerciaux équitables dans une économie libéralisée. Le fameux « win win » pourrait se traduire ici par un « wing wing » de complémentarité avec d’autres compagnies engagées pour la réussite de cette structure par des alliances fortes en synergie.

La radio panafricaine issue de la vision d’un homme politique après les indépendances et les mouvements prônant l’unité de l’Afrique, continue à relier des millions d’individus sur un continent reconnu pour sa diversité culturelle et sa riche civilisation. Une radio, une compagnie aérienne, un gouvernement et des zones franches d’échanges commerciaux supranationales (tel la CEDAO ou la CEMAC) que rêver de plus. Loin de limiter les initiatives privées de moindres importances, ces instruments seraient la charpente d’un essor économique qui s’offre à présent au Peuple africain à travers une nouvelle génération de dirigeants et d’hommes d’Affaires. L’affirmation économique c’est maintenant pour une réelle indépendance politique. « Air peut être » certes, pour un temps mais « Air pour tous » de façon sûre dès maintenant.

« L’intégration économique s’illustre dans des symboles et des structures qui seront les indicateurs de la performance et feront la fierté du Peuple entier »

 

Extrait Modifié de “Au nom de l’a-guère – Le jour du reveil” à paraitre