Société civile et métiers en gestion de projet

Le mot « projet » existe depuis longtemps dans le vocabulaire courant mais il devient d’un usage fréquent dans la vie de tous les jours où on l’associe à plusieurs activités sans dissocier la Science projet et les outils de gestion de projet auxquels on a recours. Pour des professionnels, il devient dur de naviguer dans un environnement autre que celui de grandes entreprises qui prennent la mesure du mot et savent à quoi s’attendre en initiant ce type d’activités.

Les entrepreneurs individuels ou indépendants n’ont pas tous la formation pour agir au titre des métiers de gestion de projet (des métiers à part entière !!) mais, par phénomène de mode ou de courant de pensée, qualifient volontiers comme projet chaque contrat entrant dans le cadre de leurs affaires courantes. Les clients sont différents et les outils mis en œuvre réadapté mais les produits souvent similaires. L’innovation et la part de l’inconnu dans la solution à trouver perdent leur sens pour des gestionnaires qui veulent gérer un portefeuille de « projets » comme de simples opérations de production de solutions. Chaque portefeuille devient ainsi une mini PME pour lequel le budget, les délais, l’envergure, l’effectif etc. ne sont plus centrés sur le bien livrable mais sur la conformité à l’environnement économique de l’entreprise.

Les métiers de la gestion de projet pour se distinguer du sens commun se doivent d’insister sur l’expertise des membres et d’éduquer les entrepreneurs et entreprises profanes sur le bien fondé de l’application professionnelle du corps de connaissance et des pratiques de ce domaine. Le mot « projet » tend à se vulgariser mais la Science gestion de projet doit garder sa particularité et regagner ses lettres de noblesses en achevant des œuvres qui témoignent de la seule capacité du métier à venir à bout d’innovations ou de réalisations sans commune mesure.

Au vue des cycles économiques qui se dérèglent au même titre que ceux écologiques, les prévisions de croissance ne sont pas à l’abri de contrecoups conjoncturels qui affectent les performances et le rayonnement financier. On pourrait en venir à découper les périodes de prévisions sur de petits intervalles de stabilité, tels les programmes quinquennaux du système communiste, sauf que le marché a encore le pouvoir de fixer les objectifs en fonction des tendances de croissance sur la durée choisie. Du fait du caractère temporaire ou, mieux, séquentiel de l’activité économique, la gestion par projet pourrait se développer pour soutenir cette nouvelle forme d’économie. Les outils et méthodes de gestion de projets sont à transférer aux gestionnaires et hommes d’affaires avec le concours constants de ceux dont c’est le métier. La gestion de projet aux sens pur serait donc plus une activité réservée qui permettrait de réaliser des évolutions dans les corps de connaissances ou de pratiques d’autres domaines d’activités socioéconomiques. L’avenir peut donc s’ouvrir sur un monde de projets plein de potentialités.

« Gestion par projet et gestion de projet émane de la même essence. L’une est chair comestible du fruit et l’autre le cœur fertile du métier. »

 

 

 

Extrait du livre Le Point,quatre saisons pour reconstruire paru aux éditions GRENIER 2011