Se vendre ou promouvoir sa communauté?

Le monde des affaires est influencé par des tendances qui font que les plus à l’écoute peuvent assez vite prendre leurs marques pour se positionner sur un marché. Certains sont des précurseurs et d’autres prennent le train en marche jusqu’à l’essoufflement du modèle. Parmi ces tendances, le branding personnel a pris des proportions considérables auprès des entrepreneurs. Chacun y va de son ingéniosité pour gagner en visibilité (que voit-on réellement de vous?) et se vendre pour supposément mieux vendre. Les outils ne manquent pas pour accompagner cette stratégie. Outre les nombreux blogues, pages personnelles, capsules etc., les post sont autant d’occasion de se positionner et d’espérer un « like » au même titre qu’une grâce divine. Le phénomène n’est pas condamnable en soi. C’est une manière comme une autre de communiquer et de s’affirmer.

Là où le bât blesse, ce sont les effets induits sur l’individu et l’écosystème. Non seulement l’accès aux outils est facile mais encore « l’empowerment » de l’entrepreneur agit de sorte à lever la retenue et faire croire que tout est possible à tous; le seul sacrifice étant de mettre des efforts et d’oser; on s’arrangera pour la crédibilité. Personnellement je me méfie de « l’empowerment » et aurait tendance à privilégier une recherche de soi (si ce n’est une initiation plus traditionnelle) pour savoir ce pour quoi on est venu sur terre et s’y investir pour son propre accomplissement. Certes « l’empowerment » galvanise mais il créé un certain nombre d’initiatives qui auront tendance à « polluer » l’écosystème jusqu’à temps qu’elles vivent leur moment de vérité et disparaissent. En effet ces personnages bâties au cours des actions de communication ne reposent le plus souvent sur rien de solide et ont besoin d’être constamment alimentées et régénérées. On est loin d’un modèle d’épanouissement naturel basé sur la découverte, l’apprentissage et la maturation de son projet de vie. Je pourrais continuer ainsi et avec ces dualités et opposer encore la satisfaction de l’égo (et ses reflets dans l’image) à l’authenticité d’une identité équilibrée et assumée.

Il serait irresponsable de juste tirer à boulet rouge sur le banding personnel sans envisager d’alternative simple et risquer de paraitre aigri ou frustré dans mon propos. Bien sûr, j’aurais tendance à prêcher pour ma propre église mais je l’assume amplement. Il m’a été permis de faire un certain nombre d’observations depuis que je suis au contact des membres de ma diaspora et de nombreux entrepreneurs ethniques ou non. J’ai pu ainsi constater la force de l’esprit de communauté mais aussi le besoin que celle-ci a en matière de représentation et de prise en charge. J’ai coutume de dire que les entrepreneurs ethniques sont des soldats d’élites ou simple ambassadeurs de leur communauté sur l’échiquier local ou internationnal. Tout ceci m’a amené à définir un modèle de positionnement qui inclut une cause communautaire à promouvoir dans son métier d’entrepreneur. Ce modèle fait intervenir 5 paramètres (le profil; le message, la mission, la cause, la relève) que j’ai introduit dans mon premier guide (« Une entreprise ethnique en 40 heures »).

Promouvoir une cause communautaire dans le cadre de l’exercice de son métier d’entrepreneur n’est en rien limitant. Cela permet non seulement d’exercer son leadership mais aussi de s’affirmer au même titre que le branding personnel avec l’avantage de pouvoir y fédérer d’autres acteurs économiques et de concourir plus efficacement au résultat. On a plus l’habitude de voir des grands groupes faire part de leur engagement sur la responsabilité sociale et environnementale mais à l’échelle des entreprises individuelles et ethniques l’impact serait tout aussi probant avec l’effet de masse. L’affrontement doctrinal au niveau politique est tout au plus nuancé de nos jours. Les équipes qui se succèdent montrent généralement peu de rupture dans la gestion malgré le clivage gauche droite. Le jeu stratégique s’opère plus sur le terrain économique et il est pour moi essentiel de demander aux acteurs qui détiennent ce pouvoir par l’entrepreneuriat de faire une place aux causes communautaires. Ces dernières ne manquent pas (pauvreté, équité homme-femme, intégration de minorités, partage de richesses etc.) et ne peuvent dépendre que du bon vouloir du monde politique quand le secteur des affaires peut agir concrètement et instituer des dynamiques qui à elles seules peuvent changer la vie des citoyens.

Notre ère est en demande de leaders simples, sensibles à ces réalités et désirant y apporter leur contribution et non de simples idoles à admirer pour leur réussite socioprofessionnelles. C’est sûr que ce n’est qu’un point de vue qui laisse la liberté à chacun de choisir entre le branding personnel et la promotion d’une cause communautaire. Les deux volets de mon propre positionnement ont été l’identité ethnique (l’affirmation fière de son sentiment marginal) et le développement économique (la lutte pour la suffisance de revenu par l’entrepreneuriat ethnique.) à travers un simple Rappel « Chaque Homme est important aux yeux de Dieu ». Ce sont mes raisons de croire, fédérer, prospérer et partager.

Je finirai en rendant hommage à un avocat de formation qui a endossé la cause de sa communauté et dont la promotion l’a amené à sacrifier sa liberté pendant une longue période de sa vie mais dont le destin s’est avéré être grandiose après des années de luttes dans l’humilité et la détermination… Il suffit d’un rien de vision pour commencer un tel parcours et les entrepreneurs ont la capacité de relever de tels défis et d’apporter le changement attendu cruellement par l’humanité.

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