Sans peur ni honte

Il est dit, dans certaines cultures, que la vie se déploie par cycle de 7 ou 8 années. Toujours est-il que des moments de recul sont nécessaires, à chaque étape, pour observer le chemin parcouru et choisir les prochaines orientations que ce soit en matière de carrière, d’affaires ou de vie.

Ainsi, nous ne sommes pas au même niveau de compréhension de notre société d’accueil. Les nouveaux venus auront tendance à remettre beaucoup de choses en cause, à porter un regard critique et à croire qu’ils pourraient faire mieux. Les plus anciens pensent plus au futur des fruits de leur immigration (enfants, investissements, maison etc.). Entre les deux on est trop occupé à construire ce futur en gardant le passé à l’esprit en solution de repli. Le présent est donc plein de défis en ce sens que nous façonnons notre société d’accueil par nos acquis, notre vécu et notre capital inné.

La notion d’ethnicité qui fait peur ou dérange en matière d’entrepreneuriat (de carrière et de civismes également) se doit d’être, idéalement, réconciliée en nous pour permettre à notre potentiel de s’exprimer et nous permettre de tirer profit de toutes les ressources disponibles sur la terre d’accueil. Avec l’immigration nous avons apporté avec nous des formes de conditionnement et des idées reçues sur l’Autre qui pourraient nous pénaliser dans notre interaction sur le nouveau sol. Les a priori et idées conçues sur les différentes nationalités devraient prendre fin ici lorsque leur membres sont invités, tout comme nous, à prendre part au futur économique commun. Il en est de même des incidences des conflits entre nations qui ne devraient pas trouver le même écho dans les Diasporas. En venant ici nous embrassons des valeurs et des nouveaux devoirs qui nous font participer pleinement à l’essor de la société dans laquelle nous nous sommes installés (installés d’abord, l’intégration vient après). Personnellement, je sens moins de réticences à chanter que le Canada est la terre de mes aïeuls que j’en ai à m’imaginer qu’il ait fallu intégrer les gaulois comme ancêtres. Sans doute l’effet passeport ou une preuve que la greffe est en train de prendre. Mais ça c’est un autre débat qui concerne deux générations prises dans un contexte différent.

Le fait ethnique, dont il est question ici, n’est donc pas le fait des héritages de votre passé mais d’une dynamique nouvelle de construction de l’avenir en intégrant une diversité ou un multiculturalisme qui renferme une force et n’est pas l’objet d’un poids ou de tensions démographiques. Il concerne à la fois des mécanismes qui permettent de mieux comprendre pourquoi certaines couches de la population réussissent mieux que d’autres et de s’adapter en fonction. C’est un qualificatif de classement socioéconomique au même titre que « minorités visibles », « autochtone » etc. qui valent ce qu’ils valent. A ce titre, je cherche toujours la catégorie décrivant l’habitant de Rivière-du-loup ou de Thunder Bay dont les parents venus d’Europe se sont installés depuis plusieurs siècles. Le chasseur et le lion ne sont jamais d’accord sur le récit de chasse et ceci commence dans les chambres ou siègent les décideurs politiques. Nous sommes tous des immigrants quel que soit notre place dans la carotte des arrivées. Bien malin celui qui définira une norme pour archétype modèle de canadien encore plus d’imposer à certains le risque de perdre leur citoyenneté selon leur agissements.

Les entrepreneurs ethniques se doivent donc d’exercer leur métier sans porter les stigmates de l’immigration et qui plus est de puiser dans leur richesse culturelle des avantages à faire valoir sur le marché local. La libération mentale de la prison de la marginalisation sociale passe tout simplement par une identité citoyenne sans peur ni honte.

Bon façonnage de notre société le 19 octobre 2015.

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