Redécouvrir le jumelage économique

Longtemps décriée pour être l’extension d’une forme d’impérialisme ou de mener à la complaisance sur des abus financiers, la coopération nord-sud a fait place progressivement et officiellement à un désengagement politique pour mieux laisser s’exprimer la dure logique économique avec ce qu’elle comporte encore comme enjeux de prévalence. Loin de nous plonger dans une analyse des stratégies politico-économique, voyons comment l’entrepreneur ethnique peut tirer son épingle du jeu et développer une activité performante avec le potentiel des échanges mondialisés.

L’entrepreneuriat ethnique des diasporas et le secteur informel des peuples restés dans la mère patrie peuvent donner lieu à un formidable marché dans le cadre d’une coopération sud-sud où les réalités culturelles sont connues et partagés par ceux qui établissent une relation commerciale. Les critères de sélection à l’immigration dans les grandes cités font que bon nombre des membres des communautés expatriés (le plus souvent de première génération) ont un niveau d’éducation élevé ou accompagnent un membre dont la qualification ou dont le profil économique ou social est recherché (« immigration choisie »). La nécessité d’entreprendre vient suite à des barrières à l’emploi et face aux urgences financières. De l’autre coté de cette pièce identitaire se trouve le résident d’un pays en émergence ou les conditions de vies et le marché de l’emploi sont réservé à une minorité souvent élite du pays qui n’offre pas aisément la possibilité à toutes les couches sociales de gagner décemment son pain et couvrir les besoins de base. Le commerce informel est l’activité de refuge et le seul recours en l’absence de mesure d’aide sociale. Plusieurs rêvent le plus souvent de prendre le chemin de l’exil dans ces mêmes Cités qui reflètent réussite économique, droit des personnes et liberté. On tombe alors dans les barrières évoquées plus haut si ce n’est l’illégalité. Pièce identitaire d’un peuple économique qui doit s’affirmer pour sortir de l’impasse ou miroir de réalités d’oppression? Comment alors créer une synergie de coopération entre ces deux pôles pour les sortir de cette situation de blocage?

La solution qui me vient d’une initiative qui n’a pas été assez exploitée, tant les modèles de résolution pleuvent sur le continent sans que l’unicité d’un sentiment de construction les rendent durable, est de redécouvrir le jumelage économique. On peut, en effet, s’enhardir à proposer simplement d’engager un échange des marchés entre acteurs des patries mères et membres de la diaspora. Bien sûr le modèle existant qui vient naturellement à l’esprit est les formes de commerces d’import – export ou les produits peuvent être échangés ou commandés selon les besoins de chaque population cible dans des régions différentes. Ne prenons pas non plus l’exemple de la couche active professionnellement et qui diversifie sa source de revenus en investissant dans certains commerces (voitures d’occasion, taxi, boutique, approvisionnement agricole) ou dans l’immobilier par la force des avantages locaux ou offshore. Ici, je souhaiterai aller plus loin : mettre en relation des atouts économiques engageant la capacité d’ingénierie et la force du secteur de service de l’entrepreneuriat ethnique avec l’aspect culturel à travers la créativité artistique dans le commerce informel (voir mon article « Made in Africa » : http://www.entrepreneurethnik.com/made-in-africa/). C’est approche de départ. Ainsi un professionnel de la diaspora pourrait offrir des services spécifiques (étude de marché, plan marketing, design, étude et suivi de projet) car il dispose d’outils performants et d’informations à jours dans son bassin de vie qu’est la cité économiquement développée. D’un autre coté l’acteur économique informel peut offrir sa créativité artistique et ethnique pour personnaliser des productions d’articles destinés à la vente dans les Cités car il baigne dans un milieu ou les conditions de vie et la relation à la tradition du pays favorise la connaissance et l’usage de l’information ethno culturelle. Un transfert d’ingénierie se ferait vers les patries mère en élevant le niveau des services et en contre partie la richesse culturelle présente dans les Cités serait renforcé permettant aux communautés de mieux s’intégrer par leur individualité au sein du groupe et non de lutter de fait pour ne pas voir les générations suivantes être totalement assimilées et perdre leur identité culturelle dans le cadre de l’équilibre social des populations immigrantes intégrées. Prenons l’exemple d’un chargé de projet qui offrirait des services de consultant à des compagnies dans son secteur de compétence en Afrique (vu qu’il a du s’adapter et travailler dans un autre domaine en attendant mieux dans la Cité où il vit) pour qu’elles obtiennent de meilleurs contrats à l’international et qu’il puisse, lui, continuer à bâtir son expertise et préparer un éventuel retour en tissant un réseau de partie prenantes et partenaires. Il serait jumelé à un connaissant qui fabrique des objets d’art traditionnels ou non et qui pourrait développer des nouveaux modèles ou concevoir des projets artistiques pour le chargé de projet qui possède une imprimante 3D dans lequel il a investit et qui doit lui ouvrir le marché du « Lifestyle » ethnique pour des membres de sa communauté dans la Cité. Les deux services étant offerts à prix compétitifs, la performance globale du jumelage serait un atout considérable. Il appartient à chaque acteur économique de faire valoir cette logique d’échange entre services d’ingénierie et services créatif et d’y accéder librement à titre de dynamique de développement économique durable pour toutes les générations.

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