Les économies locales dans les pays recevant une immigration économique et les pays d’origine de ces flux migratoire obéissent à des contextes et des dynamiques qui peuvent être mis en perspective pour créer des synergies et œuvrer à l’essor des mêmes populations migrant. L’économie informelle présente généralement une offre abondante en sources (mode de distribution et types d’acteurs) et riche en diversité de références (dans les produits et les services) mais se confronte à une demande volatile ou plus précisément à un « willing to pay » aléatoire. Ce dernier se justifie par l’environnement économique caractérisé entre autres par un faible pouvoir d’achat des consommateurs et une confiance des ménages qui ne poussent pas aux achats de plaisirs mais à ceux dictés par la stricte nécessité et la faible occurrence de l’achat sur stimulation dont le vecteur est la publicité ou la présentation visuelle d’échantillon. Dans ces conditions construire une entreprise informelle et réussir est un défi qui commence tout d’abord par l’assimilation des notions de base d’entrepreneuriat avant dans un deuxième temps de se s’appesantir sur les leviers pour améliorer les ventes notamment par la maitrise de nouvelles déclinaisons du Marketing (une promotion adéquate de la qualité et de la performance) plus adaptées aux réalités de l’entrepreneuriat ethnique ou informel et donc de l’économie de communauté. On va donc vers une rééducation à la fois du consommateur pris dans l’inertie de la « peur du chômage » (Temps mort) engendrant la dette et du producteur pris dans l’attrait pour « le prix confortable » (sans effort) engendrant la spéculation. Cela passe par la modélisation puis l’explication des mécanismes économiques en jeu puis, par l’invitation au changement d’attitude. Ce guide n’est que l’amorce de ce processus.

Ainsi, je compléte la série d’outils ayant déjà porté sur la structuration d’une entreprise ethnique (« Une entreprise ethnique en 40 heures »), l’intégration (« L’art de s’intégrer par l’entrepreneuriat », la stratégie (« Stratégie de projet ethnique »). Cette fois-ci j’aborde les aspects de la création d’entreprise dans l’économie informelle. Mon approche est de fédérer l’économie ethnique et l’économie informelle dans ce que j’appelle l’économie de communauté. En effet, il existe non seulement des similitudes dans les mécanismes, l’identité et le profil des acteurs mais surtout la possibilité de créer des ponts entre les deux composantes pour renforcer le pouvoir de l’ensemble ainsi constitué. Ma démarche tient compte des autres cas de figure et est facilement adaptable et exploitable par les entrepreneurs locaux, ethnique et informels. Dans « Une entreprise ethnique en 40 heures » on a privilégié une approche alternative à ce qui se fait en général dans l’économie de marché et surtout dans l’économie locale des terres d’accueil des entrepreneurs ethniques. Je choisis de transmettre de façon relativement simple les rudiments de l’entrepreneuriat formel pour à la fois renforcer les capacités des mains d’oeuvres immigrantes mais surtout leur permettre de se préparer à se convertir à une attitude économique contrebalançant le système de marché (Attitude vs Système). Cela comporte-t-il une contradiction ? In fine les deux démarches visent à s’intégrer aux économies locales concurrentielles avec des atouts issus de la nature ethnique et informelle donc communautaire des structures mise en place à l’origine : adaptabilité au marché, simplicité stratégique, proximité avec la communauté, solidarité entre acteurs, financement basé sur l’épargne personnelle, actifs tangibles etc. C’est donc à nouveau une correction de (et non une rupture avec) l’existant que je propose dans mes guides et au delà dans mon engagement.

« La démarche élémentaire de l’économie de communauté est de tirer profit et de simplifier les résultats probants de l’économie de marché pour constituer une base de connaissances pour l’économie informelle puis de redéfinir ces notions dans un modèle alternatif adapté au contexte de l’économie ethnique. »

Qu’est-ce que l’entrepreneuriat ? Et l’économie informelle ? La voie informelle

Un entrepreneur c’est quelqu’un qui met en place un projet ou une initiative de façon indépendante pour acquérir un revenu.

L’économie informelle c’est l’ensemble des activités économiques génératrices de revenu de subsistance qui s’opèrent avec peu de organisation et sans contribution directe des acteurs au revenu de l’état.

La voie informelle est une façon d’opérer ayant recours à une Attitude (disposition et comportement) simple dans la nature d’une action.

Les codes de base de l’entrepreneuriat formel peuvent être introduit à des acteurs de l’économie informelle si l’on prend soin de simplifier leur expérience de ces notions. Tout comme leurs homologues de l’économie de marché, les entrepreneurs informels on le défi de trouver des débouchés à leurs produits et services et d’améliorer leurs ventes. Cela passe par l’initiation d’une approche alternative (une fois de plus) du Marketing pour jouer, entre autres, sur la confiance, le plaisir et la richesse du consommateur. Le défi majeur ici est de trouver et de faire croître le bon public ou marché cible en appliquant les bonnes stratégies lorsqu’on a accepté de privilégier et d’honorer le projet personnel que l’on porte et que l’on décèle à l’étape de la définition. Ainsi, le recours à l’information (composante qui régule les asymétries de marché) auprès de ces derniers (par sensibilisation et habilitation) est un levier potentiel pour orienter l’attitude du consommateur dans un sens qui est profitable à l’ensemble de la communauté en y facilitant la circulation de la monnaie. Cette approche vise à enfin prendre en compte la dynamique informelle comme force et moteur alternatifs des économies locales et non plus comme la preuve de l’impuissance des états concernés à considérer le sort des couches populaires et les intégrer pleinement à la création de richesse et de valeur. C’est entre autres l’essence de mon travail au titre du modèle de la Méthode Ka qui sera bientôt présenté dans quelques temps…

 

« La résurgence d’un modèle économique informel ne doit pas se faire en ignorant l’héritage de notions issues des autres courants qui ont longtemps prévalu mais plutôt proposer une vision alternative du marché pour replacer l’Humain au cœur de l’action et des politique économique. Il en est de même en matière d’identité et de spiritualité »

 

 

Extrait modifié de “Réussir par la voie informelle” disponible sur http://www.theleanintention.com/fr/shop