Penser en entrepreneur et agir en chargé de projet

Jusqu’où va la notion de projet de nos jours? Cette question je me la suis posée en 2011 lors de la parution de mon premier livre et depuis la tendance semble confirmer ma perception de l’époque : une vulgarisation de la pratique (lié au fameux « gros bon sens ») et une spécialisation du métier pour des applications sensibles.

En matière d’entrepreneuriat, la notion de projet qui prend souvent la dénomination de « projet d’affaires » met en jeu un cycle de vie particulier (prédémarrage, démarrage, croissance, maturité, transmission à la relève ou cession) et surtout un bon nombre de techniques de gestion appropriées au domaine. La question ici est de savoir comment optimiser ou, si on veut, tirer un meilleur profit de la rencontre du monde des projets et de celui des affaires. Ainsi, ma vision a toujours été de gérer un projet comme une entreprise (temporaire) et une entreprise comme un projet (à durée de vie).

Un projet classique doit composer avec le délicat équilibre des paramètres clés (3, 6 etc.) qui le contraignent et font de la construction du livrable une occasion de performance ou de regrets. Dans le monde des affaires cette performance se traduit par la survie ou non de la structure économique. Il apparait avec le temps que se doter des atouts pour mener à la réussite de son projet il faut « penser en entrepreneur et agir en chargé de projet ». Cette formule clin d’œil cache en fait deux aspects importants de l’Attitude d’un promoteur (entrepreneur ou gestionnaire) de projet.

D’une part penser en entrepreneur c’est par définition rechercher à réaliser du profit pour rendre sa structure viable puis durable. Cette composante de l’Attitude est la disposition intérieure à avoir c’est-à-dire le moteur de l’action ou ici de la gestion. Pour un gestionnaire traquer les sources de gaspillage (mudas) dans le cycle de gestion de projet n’est pas une simple application de la philosophie Lean mais doit à terme permettre un meilleur rendement global du projet tout en respectant la qualité du livrable. Aussi plus que l’évitement du gaspillage, la recherche de la maximisation du profit ou du paramètre clés indiqué (temps, coût, envergure etc.) doit nourrir l’intention puis l’effort du gestionnaire et l’orienter dans les décisions stratégiques, ce dès la rédaction du plan de projet.

D’autre part agir en chargé de projet c’est par définition appliquer un ensemble de techniques éprouvées qui garantissent un résultat minimum et fonctionnel. Cette composante de la même Attitude est le comportement à avoir c’est-à-dire la force de l’action ou de la gestion. Ces derniers pouvant être mis sous l’appellation de « opérations ». Pour un entrepreneur définir des scripts de produit ou de service avec un client, bâtir un backlog et lancer des sprints permettant la mise en place d’un produit ou d’un service minimum viable est le premier pied dans l’univers de l’Agilité. Cela devrait lui permettre de découper sa prestation par phases ou cycles maîtrisés et facturables au client et de ne pas perdre le contrôle sur la satisfaction du besoin du client sachant qu’un produit ou service minimum viable peut faire l’objet de plusieurs itérations jusqu’à atteindre le budget que peut investir le client dans l’élaboration de sa demande. Il n’est point besoin de se perdre dans des développements supplémentaires et souvent inutiles fait à outrance pour impressionner le client. On cherche ainsi la qualité « perçue » du client pour sa demande tout en s’adaptant à l’environnement financier et technologique du projet.

En somme, il faut savoir allier un bon jugement financier et hériter des règles de l’art en gestion de projet pour être sûr d’avoir vos cookie$$$…