Ouvrir son ethnicité au monde…

Je profite d’un séjour dans la ville de New York aux U.S.A. pour me rendre à quel point la notion d’entrepreneuriat ethnique a été intégrée à la vie économique de la Cité notamment sur l’île de Manhattan. Mes précédentes expériences des villes de Paris et de Montréal m’ont plus indiqué que les initiatives commerciales visaient, pour une bonne part, à garantir à un public communautaire l’accès à des produits de bases permettant de rester en connexion avec des racines culturelles et traditionnelles. Il est vrai que ce type d’entrepreneuriat se vit comme une alternative dans ses régions caractérisées par une intervention de l’état qui définit des minima sociaux. Ces mêmes minima entraînent à leur tour une couche sociale à revenus insuffisants (et non à faibles revenus) qui sont les premiers consommateurs des produits ethniques bon marché. Cela renforce une tendance à l’établissement de Ghettos entrepreneuriaux où les fournisseurs de services ou producteurs et les consommateurs appartiennent aux mêmes groupes socio-démographiques avec comme corolaires des penchants incorrects dans les attitudes d’affaires (retards de livraisons, prix toujours négociés au rabais, non exigence de qualité…). Ce que je découvre ici de New York est une mise en valeur de l’ethnicité à titre d’exotisme qui participe à créer une image cosmopolite de la Cité et plus précisément du centre-ville. Une résidente me déclarait sur un ton sans détour (shameless) et typique du Lean Intention: « We don’t care about where you come from. We just need your money ». Ne doit-on pas encourager l’entrepreneuriat ethnique à s’élargir à tout le bassin économique des régions où il est présent? Ce, malgré les contraintes issues des lois d’intégration qui imposent certaines démarches « d’enrichissement culturel choisi » et non subit (naturellement!!!) de l’immigrant notamment au niveau linguistique et civique. L’immigration est plus une question d’adaptation humaine et non de débat politique. L’Attitude pragmatique qui règne dans le milieu des affaires de l’île de Manhattan est sans doute à exporter pour offrir ailleurs un modèle de d’affirmation économique et d’ouverture sur une concurrence libre et de spécialisation selon les forces de chaque culture. Bien que clivages et protectionnisme succèdent aux périodes de mondialisation dans les cycles économiques, il est important de rester attentif à la nécessité de soutenir sa communauté dans la création de richesse et de valeurs tout en participant aux échanges et partages des revenus générés. C’est à cette condition que les acteurs économiques pourront ouvrir leur ethnicité au monde…