Ma rencontre avec Zaïna Mensah s’est faite aux journées du Bénin à Montréal ou elle exposait sa dernière collection de collier. J’ai été interpellé à la fois par l’originalités des créations et par la personnalité qui se cachait derrière cette femme entrepreneure et c’est tout naturellement que je l’ai invité à se dévoiler à la communauté d’Ethnic Entrepreneurs Ethnique.

Bonjour Zaïna et merci de nous recevoir le temps de cette entrevue. Avec toi nous voulons pénétrer dans le monde des accessoires pour femmes et surtout d’une innovation en matière d’adaptation d’usage ou doit-on dire recyclage? Je pense que tu nous en diras plus j’espère.

Bonjour Arnaud, Merci pour cette entrevue, j’en suis très honorée. Effectivement je fabrique des bijoux pour hommes et femmes avec des matières premières spéciales qui sont les douilles de balles recyclées. Ces accessoires sont commercialisées sous le nom de Maison Calixta.

Il est maintenant de tradition de commencer par une présentation de notre invité. Zaïna peux-tu nous dire en quelques mots qui tu es ? Ton identité, ta personnalité, ton engagement…

D’origine togolaise, je suis une professionnelle en comptabilité et contrôle de gestion.

Passionné de l’art ainsi que la conception et création de nouveaux projets, je suis présentement des cours de gestion de projet à l’Université du Québec à Montréal.

Peux-tu raconter à nos lecteurs quel a été ton parcours d’entrepreneurs jusqu’à ce jour ?

Je suis issue d’une famille dans laquelle l’art a toujours été présent. En effet ma grand-mère était spécialisée dans la confection de bijoux à base de rocaille et de perles, et elle m’a initié très jeune de l’âge de 5 ans. Ma mère avait une boutique où elle vendait des bijoux importés (confectionnés à base de pierres précieuses et métaux précieux) et artisanaux qu’elle confectionnait elle-même. J’ai perfectionné mon art de confectionner des bijoux grâce à ma mère. Lorsque j’ai été au Sénégal à 16 ans pour obtenir ma licence en management (équivalent à un baccalauréat en administration des affaires au Canada).

J’en ai fabriqué et commercialisé tout le long de mes études. J’aimais le contact direct avec les femmes sénégalaises.

Bien que j’effectuais ces activités pour m’amuser, j’ai pu étudier et constater leur goût prononcé pour les bijoux très coloré, et surtout sophistiqué ce qui a été une expérience très enrichissante.

Quelques années plus tard, au Canada, j’ai décidé de recommencer à explorer cet art que feu ma grand-mère Calixta m’a transmise. Mon esprit de créativité m’a permis de créer maison Calixta depuis février 2016 à Montréal. J’ai effectué plusieurs expositions à des événements à Montréal ainsi qu’à Gatineau. Mes ventes s’effectuent aussi en ligne sur le site Maisoncalixta.ca, et mes produits sont aussi présents sur plusieurs plateformes sur Internet. Il y a quelques semaines mes produits sont exposés dans un salon AGMM (As God Made Me) à Montréal.

Peux-tu nous présenter ton projet d’affaires ?

Nous vivons dans un monde où l’innovation est la clé pour sortir du ‘lot’.

Maison Calixta est une entreprise qui se démarque, non seulement par ses produits originaux mais aussi par une personnalisation des produits compte tenu des besoins du consommateur. Nous voulons nous étendre à l’international, et nous assurer d’avoir des partenaires en l’occurrence des boutiques en ligne ou des pignons sur rue, qui vendraient nos produits à des clients qui seront satisfaits de leur originalité.

Quelle est ton analyse du marché des accessoires à design ethnique ? Je pense qu’il y a un grand potentiel et des débouchées qui restent encore à créer même si bon nombre de créatrice, essentiellement, exploitent une niche liée à la spécificité à la fois de leur produit et de leur clientèle cible. Qu’en penses-tu ?

J’étais panéliste à une conférence il y a 3 mois où j’ai expliqué qu’il existait deux produits totalement gratuits pour tout le monde mais qui génèrent aux compagnies des milliards de dollars:  il s’agit de l’eau et de l’air.

Il y a toujours des personnes prêtes à acheter de l’eau en bouteille malgré le fait qu’au Canada l’eau soit gratuite. (rires).

J’effectue cette analogie pour expliquer que malgré le fait qu’il existe des millions d’accessoires confectionnés chaque jour, il existe encore de la place pour en créer d’autres.

Même si l’on dirait que le marché des accessoires à design ethnique est saturé, tout dépend des stratégies élaborées suivant la vision, les objectifs à court et long terme ainsi que de la cible de l’entreprise.

Peux-tu nous parler de ton innovation et ce qui distingue tes produits?

Rien ne se crée, rien ne se perd tout se transforme: disait Lavoisier.

Mon désir le plus ardent est de donner une forme physique à mes idées, d’où la phrase avec laquelle je fonctionne, tant dans ma vie personnelle que professionnelle: Osez créer sans limites.

Je veux créer une nouvelle manière de percevoir les choses en transformant une chose perçue négative en positive. Les balles d’armes à feu sont des outils de guerre, mais on peut totalement changer leur nature en les modelant comme on le souhaite.

Je veux que mes consommateurs voient les bijoux faits avec des douilles à leur cou ou à leur poignet et se rendent compte qu’elles peuvent représenter plusieurs aspects de leurs vies.

Ils peuvent choisir de prendre les situations négatives de leur vie, et d’en faire ressortir le meilleur.

C’est cette différence qu’offre la Maison Calixta.

Comment vois-tu l’avenir ? Quels sont les futurs défis que tu aimerais relever?

J’aimerais relever le défi d’aller un peu partout au Canada, et ensuite dans le monde afin de faire des conférences, sur la créativité sans limitations.  Cela me permettra de véhiculer cette vision.

Sur un plan un peu plus personnel, je sais que tu es que ta foi te pousse à être l’ambassadrice de causes communautaires notamment au Togo. Peux-tu nous en dire plus?

(rires). Je constate qu’on ne peut rien cacher sur les réseaux sociaux. Effectivement ma foi en Christ a changé toute ma vie, et Dieu m’inspire dans tout ce que je fais. Sans lui pour me diriger, il n’y aurait pas de joie ni de paix dans mes accomplissements.

J’ai la conviction que notre but est toujours de redonner puisqu’il y a plus de plaisir à donner qu’à recevoir.

Mon amie Homawoo Fifi a créé une association Wonderland au Togo qui a pour objectif d’aider les enfants orphelins, à avoir accès à l’éducation, et à vivre décemment.

Je l’aide comme je peux, en organisant par exemple des activités caritatives à Montréal ou des levées de fonds.

Lorsque je rentre au Togo, nous visitons plusieurs orphelinats afin de leur apporter des denrées périssables ou non périssables

Les membres de l’organisation sont présents un peu partout dans le monde et nous essayons autant que possible de nous épauler pour aider le maximum d’enfants possible

Quel est ton mot de la fin, ton message aux autres entrepreneurs en exercice ou voulant le devenir et au public ?

Je ne le répéterai jamais assez  : Osez créer sans limites .

Trouver votre talent, peaufinez-le en vous exerçant et en apprenant davantage sur la manière de le développer même si personne ne vous regarde. N’oubliez surtout pas de prendre plaisir à vous découvrir au jour le jour.

Plus vous vous découvrez, plus les opportunités arrivent, et plus vous avez des chances de les saisir parce que vous auriez déjà été préparés.

Comment peut-on te contacter pour d’éventuels partenariats ou pour acheter tes produits ?

Le site internet de ma compagnie est Maisoncalixta.ca

Écrivez-moi sur info@maisoncalixta.ca.

Tout ce qui est créé et visible à l’extérieur émane d’abord de l’intérieur, alors n’hésitez pas à visiter mon blog personnel, l’Edendezaina.com pour découvrir un tout autre univers.

Merci Arnaud pour cet entretien.

Au plaisir.

Nos communautés regorgent de talents et de créativité. Une fois de plus nous en avons l’illustration. Comme toujours, je fais la promotion de ce mode de vie (para-entrepreneuriat) où l’on mène une activité professionnelle mais surtout qu’on honore, en marge de celle-ci, un projet entrepreneurial qu’on porte en soi et qui nous épanoui voire qui nous accompli. J’ose espérer que Zaïna à la suite des nombreux autres entrepreneurs de cette série pourront vous donner le goût de vous réconcilier avec vous-même en tant que dépositaires de l’approche et du style de vie ethnique tirant sa source de l’économie informelle qu’on se doit de valoriser et de rendre performant…