les inconnues de l’adéquation Individus-Filières de formation-Métiers en Afrique sub-saharienne

Depuis quelques années, en Afrique, près de 10 à 12 millions de jeunes arrivent sur le marché du travail selon les statistiques les plus répandues. Avant même de considérer l’impact sur les économies et des pays à juguler cet engorgement par le recours à l’auto emploi, il est bon de regarder en amont les offres de formations mises à disposition. En effet beaucoup d’universités ont perdu la capacité à fournir des programmes de qualité et en quantité mais surtout adaptés aux besoins des entreprises d’une part et aux aspirations des étudiants d’autres part. Ces derniers font alors et bien souvent des choix de raison de suite ou de fuite. Avec l’offre des programmes en ligne (MOOC compris), une brèche s’est ouverte mais la révolution peine à prendre en Afrique tant les esprits restent liés à la valorisation de du diplôme de renom ou de “colon” en lieu et place de la compétence technique ou pratique vite acquise et prêt à fournir son utilité. Ainsi, une jeune étudiante en Entrepreneuriat et Gestion de projets nous parle ici des expériences et des difficultés d’orientation, de financement et de mise en perspective rencontrées dès le début du parcours d’apprentissage dans les Écoles à labels et qui se poursuivra à l’Académie de la Vie… la belle!

La problématique de l’emploi est commune à tous les pays du continent africain… Chaque fois qu’on parle de l’emploi en Afrique, on pense au chômage des jeunes. Un mal pesant. Mais cette situation est-elle due a l’insuffisance des emplois ou l’insuffisance de compétences de la main d’œuvre? Le marché de l’emploi est bondé de jeunes fraîchement diplômés mais sans emploi. Qu’est-ce l’emploi en réalité? L’emploi est toute activité exercée par une personne, qui est génératrice de revenu. Il peut être formel ou informel. Le taux de chômage est très élevé parce que la plupart des jeunes sont à la quête d’un emploi formel, chez l’État: le fonctionnariat n’est plus la voie de secours même si certains continuent de le croire. La résolution de la problématique de l’emploi en Afrique doit nécessairement passer par l’harmonisation des équations individus-filières de formation, filières de formation-métier, individus-filières de formation-métier.

Nous avons à résoudre en premier lieu l’équation Individus-Filières de formation. Beaucoup de jeunes se débattent pour avoir plusieurs diplômes car pour eux, la réussite professionnelle passe par l’amas de diplômes. Cette mentalité est cependant révolue de nos jours face à la rareté des emplois formels. Les universités ne cessent de voir le jour même si plusieurs d’entre elles n’offrent pas des formations de qualité. Elles s’efforcent pour la plupart de donner un tas de formations théoriques à leurs étudiants qui, à la fin, n’ont aucune compétence technique ou pratique à faire valoir dans les entreprises. Ainsi, nous pouvons entendre les employeurs se plaindre de l’insuffisance de jeunes compétents malgré le grand nombre de diplômés intelligents dans nos pays. Ces universités ne sont pas progressistes en ce qu’elles ne proposent pas des formations, en fonction des besoins présents et futures du marché de l’emploi. Ceci amène beaucoup de jeunes qui peuvent se le permettre, à l’exode vers les pays occidentaux afin d’obtenir des formations de qualité. Pour ceux qui ne peuvent pas, il existe aujourd’hui les formations en ligne qui sont très enrichissantes et pratiques même si la révolution peine à prendre du terrain. En se penchant un peu sur les individus, les difficultés d’orientation dans le choix de la formation est un grand mal auquel il faut remédier. Les jeunes font des choix de formation sans tenir grand compte de leur personnalité, leurs ambitions futures, leurs capacités et les besoins du marché. Ils s’entassent dans des filières de formation par faute d’informations approfondies, par suivisme, par obligation des parents ou même par faute de moyens financiers. Nous pouvons ainsi voir des jeunes en médecine à cause de l’aspiration de leurs parents, d’autres en ingénierie parce qu’ils ont eu un baccalauréat scientifique, d’autres en littérature afin de devenir enseignant du secondaire parce qu’ils n’ont pas assez de moyens financiers pour s’offrir la formation de qualité de leurs choix. D’autres n’étant pas bien orientés, n’arrivent pas à vite se retrouver et changent à plusieurs reprises de filières de formation, perdant ainsi du temps, de l’énergie et de l’argent. L’orientation doit déjà commencer dans les écoles secondaires ou lycées pour permettre aux lycéens d’avoir une idée claire des formations qui conviendraient à chacun d’eux pour que le choix de la formation soit moins stressant et fatal après le baccalauréat. Les agents éducatifs doivent sensibiliser au maximum les futurs travailleurs de demain quant à leur formation.

Ensuite, nous devons nous pencher sur l’équation Filières de formation-Métiers. Une chose est de choisir sa formation, une autre est de se trouver dans le bon métier. Là encore, le choix de la formation est important. Nombreux sont les jeunes, qui se sont retrouvés à exercer dans des métiers qui n’ont pas de lien avec leur type de formation; certains au nom du chômage ( pendant qu’un jeune diplômé en administration n’arrive pas à trouver un poste dans une entreprise de la place ou dans un ministère, il accepte avec enthousiasme ou regret un poste d’agent commercial pour subvenir ses besoins), d’autres par ignorance des débouchés réels de leurs filières( Exemple: un jeune diplômé en agronomie qui s’attend à travailler dans un bureau administratif au lieu de chercher à produire des denrées agricoles comme il a appris le faire à l’université) ; et d’autres encore du fait des besoins du marché (Exemple: un jeune diplômé en comptabilité qui se transforme en agent commercial et secrétaire à la fois parce qu’il y a trop de comptables sur le marché). Il y a en outre, ceux qui ont fait des formations dans des domaines donnés mais qui n’arrivent pas à bien exercer leurs métiers parce qu’ils n’ont pas bien compris le but de la formation. Partagés entre regret, frustrations, inconfort et incompétence, ces jeunes se retrouvent soit au chômage, soit dans un métier qui ne leur convient aucunement. L’ignorance est encore couteuse à ce niveau. La jeunesse se doit de s’informer dans les moindres détails auprès de leurs aînés afin d’éviter des Erreurs de Vie.

Enfin, nous avons l’équation Individus-Filières de formation-Métiers. Cette équation n’est que la résultante des deux précédentes. Son équilibre passe ainsi par la résolution des autres équations. Bien choisir sa filière permet de bien s’intégrer sur le marché de l’emploi. Les jeunes doivent aussi choisir des écoles de formation compétentes pour être capable d’exercer efficacement après leurs diplômes. On pourrait aussi ajouter que la formation ne doit pas s’arrêter après le diplôme. Il faut se perfectionner, s’autoformer de jour en jour. Même pendant la formation universitaire, les jeunes doivent être des autodidactes, chercher ce qui se fait ailleurs, apprendre plus que les cours reçus dans leurs écoles, entreprendre avant même de finir leur formation. L’internet à travers les réseaux sociaux comme YouTube, les applications éducatives, est une bonne source d’information aujourd’hui.

La jeunesse africaine regorge de talents qui ne sont pas bien formés et informés. C’est ce qui justifie le grand taux de chômage en Afrique. Les agents éducatifs sont exhortés à fournir des programmes de formation adéquate à leurs apprenants et à les avertir par rapport aux métiers et besoins du marché de l’emploi. Le fonctionnariat n’est plus fiable pour garantir un emploi aux jeunes, et se tourner vers l’informel à travers l’auto emploi et l’entrepreneuriat est une bonne solution. Reste à connaitre les exigences de l’entrepreneuriat et les demandes du marché économique présentes et futures.

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