Le rôle de l’éducation pour un développement durable

Le présent article nous est proposé par Roselyne SEGLA, Consultante en Finance – Gestion – Marketing et Audit, Directrice des Programmes Anglophones à l’IRGIB où elle est également Coordonatrice du programme Bachelor of Business Administration. Elle s’intéresse à l’impact de la formation, notament à l’IRGIB, sur le développement économique des pays en cours d’émergence à travers les filières professionnelles et l’entrepreneuriat. Un exemple instructif de ce qui se fait en Afrique:

Une bonne promotion des filières implique aussi bien la maîtrise des facteurs de production pour avoir des produits de qualité, que la maîtrise des facteurs d’accès au marché. Les formations des acteurs dans le cadre de la promotion des filières doivent tenir compte de ces deux axes. L’accent avait été surtout mis sur le premier volet, la production, mais de plus en plus on s’intéresse au deuxième volet, l’accès au marché.

Le secteur de l’éducation notamment les universités peuvent jouer un rôle important dans la promotion des filières. Il en est de même pour les entreprises et les cadres issus des universités.

L’institut Régional du Génie Industriel, des Biotechnologies et Sciences Appliquées (IRGIB – AFRICA : irgibafrica.com)  est né dans le cadre d’un transfert de technologie avec l’Union européenne. La formation y est innovante et pratique : les étudiants sont mis très tôt dans les conditions d’exercices de leur métier, ce qui leur permet d’avoir une bonne expérience et être prêts à l’emploi dès la fin de leur formation.

1-    le rôle du secteur éducatif dans la promotion des filières

L’éducation peut jouer un important rôle dans la promotion des filières à travers les activités de recherche et développement. Ces activités, très importantes pour une entreprise sont en général très coûteuses. Il faut donc exploiter les résultats des recherches au niveau des universités et facultés qui le font. Ces résultats pourront être utilisés par les entreprises qui au besoin chercheront à l’améliorer.

Les recherches porteront sur :

–                  l’élaboration de nouveaux produits à commercialiser

–                  l’élaboration des techniques d’accès aux marchés.

a)    l’élaboration de nouveaux produits à commercialiser

Les recherches effectuées dans les universités aboutissent à la formulation de nouveaux produits issus de la transformation de matières premières essentiellement locaux. Ces produits pourront être répertoriés dans un catalogue à proposer à des investisseurs ou industriels pour leur exploitation et leur commercialisation.

b)    l’élaboration des techniques d’accès aux marchés

Les produits élaborés doivent faire l’objet d’amélioration pour l’adapter à un marché cible. Ces améliorations concernent aussi bien le conditionnement, la qualité des produits que la réduction des coûts pour les rendre compétitifs. De plus, on doit travailler sur les canaux de distribution et plus globalement sur le marketing dans le cadre de la commercialisation de ces produits.

2-    la création d’emploi à temps partiel

Les entreprises peuvent proposer aux étudiants des emplois à temps partiel aussi bien en production (élaboration de produits par exemple) qu’en marketing (commercialisation des produits, conditionnement, campagne marketing, etc). L’avantage pour l’entreprise se situe aussi bien au niveau des coûts réduits de ces prestations mais aussi au niveau de l’actualisation des méthodes qu’elle utilise.

En effet, dans le cadre de leur formation, les étudiants utilisent en général les méthodes récentes dans leur domaine. La collaboration permanente entre l’entreprise et les étudiants permettront à l’entreprise d’acquérir les nouvelles méthodes et aux étudiants d’avoir de l’expérience professionnelle. L’entreprise sera plus compétitive et l’étudiant plus compétitif sur le marché de l’emploi : le partenariat est donc gagnant gagnant.

3-    la création d’entreprise

Les résultats des recherches peuvent aussi être utilisés directement par des étudiants pour créer des entreprises. Les différentes institutions entrant dans le cadre de la création d’entreprise doivent aider dans ce sens. Des investisseurs peuvent intervenir en mettant à la disposition des jeunes entrepreneurs des moyens financiers (actions, obligations, capitaux-risques, etc) ainsi que les fruits de leurs expériences professionnelles. L’idée est de lever les obstacles administratifs, financiers et autres susceptibles d’empêcher la création des entreprises.

4-    le prix de la promotion des filières

Le prix de la promotion des filières a pour objectif principal l’encouragement des acteurs intervenants dans les trois points développés plus haut en fonction des critères clairement définis. Il récompensera :

–                  une université dont les programmes de formations développent des activités de recherches et développement avec des résultats exploités ou immédiatement exploitables ;

–                  une entreprise créatrice d’empois à temps partiels

–                  un étudiant ou un groupe d’étudiants susceptibles de créer une entreprise sur la base des acquis des expériences professionnelles issus de leur formation.

La mise en œuvre de tout ce qui précède permettrait de développer de nouvelles orientations pour la promotion des filières. On obtiendrait ainsi de meilleurs résultats qui contribueront au développement durable.

Au sein de l’institut Régional du Génie Industriel, des Biotechnologies et Sciences Appliquées (IRGIB – AFRICA), les travaux de fin de formation débouchent sur la création de produits ou projets de création d’entreprises innovants (Finess consulting-voir sur facebook, enari, africa foods par exemple). IRGIB aide les étudiants à faire de certains projets ou produits une réalité. Mais le résultat serait plus intéressant si des partenaires publics ou privés investissaient pour faire de ces résultats de travaux des éléments qui participent au développement durable.