La fin d’un monde de la finance ?

La finance en tant que religion économique se doit de redevenir l’outil stratégique pour la prise de décision sans reproduire les influences néfastes des marchés assoiffés de profits rapides et virtuels. Les crises successives et la perte traumatisante, plus que symbolique, des deux colonnes du temple montrent, aux yeux de certains esprits de notre époque, la fin d’une conception du monde des affaires.

Certains soutiennent avec force que le nouvel Empire devant passer à la tête du monde saura prendre la cause des mouvements d’économie sociale même si sa politique intérieure ne donne pas encore des signes clairs de liberté et d’identité des minorités tels que le défendent les mouvements d’idées responsables actuels. L’Empire sera un partenaire de choix pour le commerce de bien, la coopération technique et pour développer des industries. Les opposants à cette théorie sont nombreux et n’y croient tout simplement pas. En effet, comme toute puissance hégémonique, l’Empire se doit de maintenir des consommateurs permanents des produits qu’il développe astucieusement avec les anciens impérialistes. Il semble plus judicieux pour les mouvements d’idées responsables de changer le système impérialiste classique d’antan ou même de créer une alternative nouvelle qui reprendra ses concepts à la base c’est-à-dire au plus près des consommateurs identifiés. Un jour ou l’autre le passage de témoin devra se faire pour un système ou pour l’autre et il vaut mieux s’impliquer pour celui qui est le plus à même de défendre les intérêts des acteurs économiques ne fusse même par désir de domination.

On pourrait appeler cela vendre son âme au diable. A suivre un tel raisonnement, en effet, il serait préférable que des élites et intellectuels des mouvements sociaux et d’idées responsables prennent le risque de s’imposer au plus haut des Cités où se prennent les décisions. Ils souffrent hélas d’un manque de crédibilité. Même les acteurs économiques « opprimés » hésitent en fin de compte à leur confier leurs voix, incrédules qu’ils sont que ce type d’idées puisse un jour aboutir à un gouvernement du monde. Les leaders charismatiques ne manquent pas mais leur portée et leur nombre ne suffisent pas à faire changer la Terre et son visage financier.

À défaut de convaincre, l’une et l’autre des parties, sur celui avec qui il faut s’associer pour réussir, une chose semble émerger de cette discussion: un mouvement alternatif peut faire sa place auprès des acteurs économiques et pour leur propre essor sans faire de tort à l’économie de marché. On se doit d’y croire et de refléter par l’attitude, les principes de base de la politique d’entreprise: bonne gouvernance, éthique, respect de l’environnement, respect et redistribution des richesses aux communautés, commerce équitable, Intégrité par adhésion…

 

«Le monde économique influence la vie d’une planète dont les habitants sont tributaires des richesses produites. L’harmonie vient de l’échange du surplus d’équité.»

 

 

*Capital

 

 

 

Extrait modifié du livre Le Point, quatre saisons pour reconstruire paru aux éditions GRENIER 2011