Kit de survie pour entreprendre de façon informelle.

Comme suite à notre article « Et si vous deveniez entrepreneur(e)? –  Partie 1 : de façon informelle », nous présentons ici des outils simples correspondant à une déclinaison informelle de  l’offre de services d’entrepreneurethnik.com (approche de savoir être en affaire et d’une méthode-outils).  Tout ce dont l’entrepreneur a besoin c’est d’un cahier, un crayon, d’un téléphone et d’un compte en banque. Pour les plus high-tech un outil informatique (ordinateur portable, tablette, Pocket pc…) ou un téléphone « intelligent »peuvent donner plus de confort. L’importance d’un compte en banque est d’avoir accès aux services de paiements en ligne et aux facilités que le web offre à présent pour les transactions avec les clients (Paypal, paiement par virement, carte de crédit…). Par ailleurs il est recommandé de déclarer l’activité même si le niveau de revenu n’impose pas, dans tous les systèmes fiscaux, un prélèvement des taxes. Chaque pays définis ses obligations règlementaires et fiscales. Cela permet également de donner une visibilité sur les performances et la force du secteur informel et de donner des raisons aux gouvernements de faire des investissements supplémentaires dans le sens de son développement. Je ne couvrirai pas ici les cas d’analphabétisme de certains acteurs économiques ethniques. La cible de cet article est plus des entrepreneurs de la diaspora vivant dans des pays « économiquement développés ». Nous verrons avec le temps comment nous adresser aux couches endogènes.

Voici donc un kit de survie (7 conseils) pour l’entrepreneur ethnique dans un mode de fonctionnement informel.

  1. Gérer son activité projet par projet, client par client, petit à petit.

Sur son cahier de bord papier ou électronique réserver un espace au début où l’on répond aux 3 questions essentielles :

Pourquoi voulez-vous proposer cette activité?

Quel niveau de ressources êtes-vous prêt à investir?

Jusqu’où êtes-vous prêt à aller?

C’est la charte ou la « déclaration d’intention » de votre activité. On doit s’y référer à chaque fois qu’on veut faire un changement dans sa façon de procéder au quotidien.

  1. Tenir un journal des activités (dans le même cahier) que l’on veut entreprendre et les résultats

Dans ce journal (deuxième partie du cahier de bord) déclarer ce que l’on veut faire dans les prochains jours semaines ou mois. Tracer un tableau à 4 colonnes : Plan; résultat; date ou échéance; commentaires. Rester simple et faire des phrases courtes avec des verbes à l’infinitif. Exemple : se renseigner sur le prix des stands au salon de l’agriculture. Prévoir l’espace à coté de cette case pour mettre le résultat : pour 5 jours le prix revient à 500 dollars mais on peut partager l’espace avec un autre exposant. Toujours prévoir faire des commentaires pour reporter le contexte. Cela permettra de voir le cheminement et d’avoir un historique des décisions prises. Vous pourrez mieux vous comprendre et sera une aide pour vous adapter aux situations.

  1. Noter les changements apportés à la routine des services ou des produits et le justifier

Ce deuxième journal (troisième partie du cahier de bord) permettra de retracer les raisons qui ont mené à changer de produits ou de service. L’idée est de se constituer une base de connaissance dont on peut se servir pour mieux gérer des situations similaires ou permettre à un remplaçant de prendre la suite tout en comprenant le style de décisions qui font la signature de l’activité d’affaires. Il est important de rester simple et de faire des comptes rendus simple. Si ces tâches deviennent rébarbatives arrêtez et fier vous alors à votre mémoire avec le risque que cela comporte. Faire des affaires ne doit pas toujours être une épreuve de force c’est aussi un art qui procure des moments de plaisirs.

  1. Rester à l’affut de tous les outils qui peuvent faciliter les activités quotidiennes

Nous avons requis l’usage d’un téléphone pour être en contact avec la clientèle ou les fournisseurs même dans les cas où les activités se passent dans un lieu achalandé ou bien connu d’une clientèle fidèle. Savoir ce qui se passe dans son domaine peut rendre de bien grands services. Ne pas hésiter à questionner ou observer les partenaires, concurrents et clients pour savoir comment améliorer votre offre de service et faciliter le travail quotidien. L’internet offre des possibilités importantes en matière d’outils et de portails de vente.

  1. Rester professionnel tout en restant agréable au client

L’image qu’on a souvent du secteur informel est d’un service chaleureux mais sans grand professionnalisme. Ne pas hésiter à tordre le cou à ce préjugé garder cette proximité avec le client qui fait l’avantage du secteur informel et faire un effort pour y adjoindre un service de qualité et garantir la satisfaction du client. Les deux mis ensemble peuvent faire du secteur informel un concurrent non négligeable contre toutes les politiques et stratégies marketing et de communication des entreprises formelles. Bien sûr ici la dualité formelle et informelle est très présente ici mais il existe une zone grise et intermédiaire ou l’activité de part sa taille ou sa nature peut avoir recours aux deux approches. Vous êtes sans doute un professionnel ou un étudiant dans une autre vie donc vous avez conscience du formalisme. Faites en usage pour le bien de votre activité informelle qui se caractérise par sa simplicité.

  1. Ne pas hésiter à créer de nouvelles initiatives et étendre ses activités : objectif croissance ou durabilité pas seulement subsistance

Calculatrice à la main faire un retour sur ce qu’on investit pour l’activité et ses revenus (dans une quatrième partie du cahier de bord dédié à la comptabilité -recettes et dépenses). Définir non seulement le bénéfice mais aussi les possibilités d’accroissement de l’activité par réinvestissement partiel des revenus. Identifier d’abord toutes les dépenses fixes qu’on a (factures de téléphones, électricité, loyer…) puis identifier les dépenses qui varient avec le nombre de produits ou de services que l’on offre. Par exemple pour des cours de danses si on offre 10 heures de cours privés à 50 dollars (selon la qualité ou la réputation) il faut prévoir les frais de location du studio de 10 dollars l’heure. Votre gain est alors de 10 heures x 50 dollars – 10 heures x 10 dollars soit 400 dollars.  Si vous utilisez un téléphone qui vous revient à 50 dollars par mois et votre loyer est de 250 dollars par mois, il vous faut au minimum faire 7,5 heures par mois pour ne pas fermer votre activité ou ne pas être mis à la porte de votre appartement. Cela s’appelle en comptabilité le seuil de rentabilité. C’est un outil très utile qu’on se doit de maitriser et d’importer dans la façon informelle de faire les affaires. Rebaptisons-le, si vous voulez, par « l’effort minimal » à faire pour continuer à exister.  Après on peut continuer à jouer avec les chiffres et sa calculatrices pour voir l’effort qu’on doit fournir pour atteindre un objectif bien déterminé. Quel serait, par exemple et avec les chiffres qu’on a donné, l’effort à fournir pour se procurer en un mois et argent comptant une auto d’occasion d’une valeur de 2000 dollar?

  1. Soyez créatif!

L’une des forces de l’informel est la créativité. Distinguez-vous. Oubliez votre cahier de bord. Parlez, réfléchissez, dansez mais exprimer vos idées. Il faut tenir le client en haleine. Pas besoin de refaire son stock de produit à chaque trimestre ou de refaire son syllabus d’école de danse chaque session mais garder une dose de surprise pour piquer la curiosité de la clientèle à chaque contact et lui permettre de revenir voir ce que vous offrez. Cela peut être une variation de votre service ou de votre produit adapté à une saison de l’année ou une de vos humeurs du moment. Soyez créatif et surprenez le client.

Dernières suggestions à rajouter dans votre kit de l’entrepreneur ethnique informel l’appartenance à une association communautaire pour à la fois être présent au niveau de l’image du commerce informel et faire savoir aux autres que vous offrez des services ou des produits. Les groupes d’épargne (tontines ou autre) ou fonds professionnel sont aussi des moyens de créer de la solidarité et éviter d’être seul dans son activité.

Recherchez et partagez l’information sur les tendances du moment : les produits ou services qui marchent, les attitudes des clients, les primeurs sur les futures décisions des gouvernants qui peuvent avoir un impact sur votre projet d’affaires. Repérez alors deux ou trois personnes clé (le « Kongossa » économique peut être une activité lucrative) ou une source d’information fiable que vous pouvez fréquenter avec assiduité. Cela se reflètera tôt ou tard sur la qualité de votre entreprise informelle.

« Un matériel minimum, bien utilisé et une grande créativité peuvent devenir les pierres capables d’abattre les Goliath de l’économie de marché dans une mise en compétition due à la mondialisation des échanges commerciaux »

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