Foire aux caricatures de l’entrepreneur(e) ethnique

J’ai rassemblé ici quelques déclarations caricaturales d’entrepreneurs ethniques ainsi que la réaction qu’elle peut susciter naturellement sur le modèle des Foires Aux Questions présentes sur la plupart des sites Internet commerciaux.

« J’ai mon plan d’affaires dans la tête je n’ai pas besoin d’écrire. Je maitrise ma stratégie ». Cela cache en fait un manque d’organisation et une faiblesse à structurer une idée, une vision. L’entrepreneur adaptera indéfiniment le contenu de son projet aux opportunités qui se présentent sans que personne ne puissent en avoir la preuve vu que cela n’a jamais été officiellement reporté par écrit et soumis à la critique d’un tiers. C’est souvent le fait d’entrepreneur(e)s qui refusent toute idée de respect de règle et d’autorité. Ils poursuivent un rêve plus qu’une vision et changeront souvent de plan en cours de route.

« Mon projet est spécial et unique. Je ne peux le révéler à des tiers qui peuvent m’aider que s’il signe un agrément de confidentialité ». Cela part d’un bon principe. La protection de la propriété intellectuelle est très importante en innovation. Le seul problème est de savoir si cette fameuse idée unique n’est pas déjà en cours dans l’esprit d’une autre personne qui a décelé la même potentialité du marché et qui ne se fermera pas à l’idée de confronter son innovation à l’avis de professionnels qui respectent un code éthique et qui ira plus vite dans l’execution. Sans vouloir faire de l’ombre au métier d’avocats, souvent il est plus onéreux et long de faire établir un contrat pour une idée qui sera vite obsolète une fois sur le marché voire copié malgré les précautions prises. Un moyen simple de prouver la paternité de son projet est de rédiger en détail les caractéristiques de son innovation de se l’envoyer à soi même et de la garder jusqu’à ce qu’un litige éclate. C’est déjà un bon début avant de penser à l’avocat. Attention il appartient à chacun de voir si dans son pays cette solution est valable. En innovation le temps de mise sur marché est important. A vous de voir s’il faut le passer à discuter des clauses de confidentialité plutôt que de développer le projet pour saisir la fenêtre d’opportunité. Chaque projet d’affaires est unique et la pertinence de ma réaction dépend aussi des enjeux financiers mais j’avoue que parfois certains en font un peu trop pour pas grand-chose…

« J’ai envie de me lancer en tant qu’entrepreneur. J’ai une idée mais je ne maitrise pas les aspects techniques (opérations, finances, marketing, etc.) et les détails. J’ai besoin d’aide. » C’est un bon réflexe de demander de l’aide quand on en a besoin mais beaucoup ont tendances à se reposer sur les personnes qui offrent leur contribution ou compétences au projet et oublient qu’ils doivent porter eux-mêmes l’idée d’affaires. Il est bon de recevoir des retours de personnes qui ont plus de recul ou de travailler sur les lacunes du projet avec des professionnels mais l’effort principal vient de l’entrepreneur lui-même. Il faut pouvoir désirer la concrétisation de son idée au point de faire des sacrifices personnels pour se lancer. On ne s’essaye pas seulement pour voir mais on veut se faire de l’argent avec un produit ou un service qu’on estime répondre à un besoin sur le marché. C’est sûr que tout ce qu’on risque est de retourner sur le marché de l’emploi si ça ne marche ou même de développer son activité de façon informelle en marge de cet emploi. La différence se situe entre velléités et Volonté.

« Je m’obstine dans mon idée car je pense que c’est ce qui me faut faire pour relancer mon ascension social et redonner un sens à ma vie. » J’ai coutume de dire à mes clients « qu’il n’y a pas de mauvaise idée en soi mais souvent un  projet pas assez travaillé ou des conditions pas assez favorable ». J’estime que les clients apportent une pierre brute que je me dois de tailler et polir jusqu’à la rendre attractive sur un étale ou se trouve plusieurs autres objets qui rêve de trouver acquéreur. En tant que consultant, je me fais moi-même assister par des mentors qui tempèrent ma créativité et me ramènent inexorablement au réalisme et à la vérité du terrain. Je crois en un accomplissement en affaires mais cela demande souvent de faire avec les parties prenantes de son projet et d’user de patience et de bonne humeur. L’affirmation est une bonne voie d’expression de sa fierté d’entreprendre mais elle n’a rien à voir avec de l’arrogance, de l’obstination et le refus de se soumettre à la critique constructive.

« Je veux entreprendre mais je baisse les bras à chaque difficulté qui apparait sur mon chemin. » Opiniâtre! C’est ce qu’il faut parfois être pour aller au bout de son idée. Il est rare que quelqu’un émettent une idée et que tout lui tombe tout fait dans les mains. Les miracles sont là pour renforcer la foi des Croyants par pour instituer des formes de paresse. Il faut se battre pour le projet qu’on porte c’est tout l’art d’entreprendre. L’argent est la gratification visée mais l’accomplissement et le sentiment de fierté non pas d’équivalent en bienfait sur soi. Voici deux citations qui peuvent être des moto pour ceux qui ont cette tendance à l’abandon facile : « les difficultés sont faites pour être abattues pas pour abattre. » et « A vaincre sans péril, on triomphe sans gloire ». Cette dernière est de Corneille dans « Le Cid »

« Je ne veux pas me précipiter. Je veux bien faire les choses pour que mon projet soit le meilleur possible. » Le perfectionnisme doit s’accompagner du réalisme. Il est parfois inutile d’offrir un produit très sophistiqué et épuré que personne ne comprend et ne veut acheter. Les versions de produits ou de projets existent pour permettre d’avancer et de permettre d’engranger des revenus voir d’adapter le marketing à l’accueil du marché. Personnellement j’apprécie l’approche Agile même si j’estime que la préparation et la planification sont des atouts essentiels que l’approche Waterfalls offre naturellement. Il est bon de concilier parfois des approches et de tirer le meilleur de leur contenu pour son emploi. La fenêtre d’opportunité (besoin du marché), la préparation du contenu du projet (plan d’affaires) et l’adaptation (talent de l’entrepreneur) sont trois dimensions à équilibrer en tout temps.

« Je vois grand. J’ai des projets de grande envergure auquel personne ne pense. Je suis le seul à pouvoir les réaliser. » Réalisme et durabilité. L’entrepreneur ethnique talentueux et doué ne se contente le plus souvent pas de réaliser de petits projets. Il voit grand et loin. Il est capable de réaliser de grandes œuvres qui impressionnent le public et lui donne de la satisfaction personnel et renforce son estime mais à la longue il lui est dure de garder la régularité dans la performance. En effet, le premier effort est souvent stimulant et on peut se motiver pour réussir mais il faut pouvoir offrir la même qualité sur le long terme. Ce qui sert de critère pour évaluer ce type de façon de faire les affaires est de voir les revenus générés à chaque grand projet réalisé. On peut marquer les esprits et paraitre talentueux mais la richesse et le sentiment de fierté honnêtement éprouvé sont les compagnons idéaux de toute une vie d’affaires

« Le temps d’une vie, l’accomplissement personnel passe parfois par la voie des affaires. Il est alors bon de se libérer de la gangue des dénis qui obstruent l’expression des attitudes de constructions. »

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