Dans l’inconscient collectif, à la fois mondial que local, il est fréquent pour ne pas dire établi d’associer l’Afrique au mot «problèmes». Par exemple environ 80 % de la population dans les pays d’Afrique de l’Ouest travaille dans le secteur informel de l’économie (ce qui correspond à une moyenne de 41 % du PIB des pays de la région), qui génère également 90 % de tous les nouveaux emplois créés : Toujours dans cette région les apprentissages informels représentent environ 90 % de toutes les formations : pauvreté et injustice.

De prime abord ces données peuvent paraître alarmantes pour un continent qui comptera bientôt la plus grande partie de la jeunesse mondiale sans oublier les données sur la situation des femmes et la faiblesse de valorisation de leur contribution économique.

N’importe quel économiste pourrait s’arracher les cheveux à vouloir résoudre l’équation du développement en Afrique et là réside toute l’absurdité de l’exercice : prendre la solution pour le problème.

En effet, il a toujours été question d’investir de façon importante pour amener l’Afrique à un standard fortement influencé par le modèle occidental. La logique, assez paradoxale, a été d’extraire les richesses du continent vers les autres régions du monde, de les transformer pour les proposer à ce même continent source dont les populations auront été savamment éduquées à la «con-sommation». Les investissements, annoncés et médiatisés, effectués dans le cadre d’une coopération unilatérale (dos minant et dos minés) favorise une agriculture d’exportation et un secteur de services importés. L’industrie quant à elle étant celle d’une délocalisation pratique de comptoirs facilitant cette spoliation systémique de l’approche formelle de l’économie. Je ne vous apprends rien.

Face à cela, le secteur informel présente, nous l’avons vu, est fortement représenté dans le continent et surtout a l’avantage de nous coller à la peau comme Attitude et réflexe naturel en harmonie avec notre environnement et notre identité. Nous passons le clair de notre temps à nous contorsionner et à être dans le conflit de valeur pris dans la déconstruction imposée par le paradigme de développement économique obligatoire et notre résilience civilisationnelle lié à notre religiosité. A ce titre, la pénétration exogène a dû être facilitée par la fragilisation ou la connexion par cet attribut cardinal de notre personnalité. Le secteur formel a toujours nourri le clivage entre économie et religion là où l’informel peut les réconcilier à présent et en faire un réel atout tant il est vrai que l’Africain est doué pour faire de toute chose un culte.

Ceci dit, l’accent ici n’est pas mis sur le fondement du recadrage dont je me fais le messager mais plus sur le but ultime qui est d’atteindre la performance économique sur l’échiquier international par le recours à des modèles de proximité socioculturelle, liés à la diversité, donc ethnique. Toute la valeur de ce changement sera dans la pertinence des solutions et le maintien de la redevabilité vis-à-vis du reste de la communauté internationale. L’Affirmation, l’affranchissement ou l’indépendance n’est pas synonyme de rupture de responsabilités : nous nourrissons et enrichissons le Monde!

Viser alors la performance économique impose donc de se déconstruire de cet attrait pour le formel et de la lecture des faits afférente pour se réconcilier avec des approches alternatives qui font du sens et donnent surtout des résultats. A partir de ce moment il convient de considérer les «problèmes» de développement comme de potentielles solutions. Par exemple environ 80 % de la population dans les pays d’Afrique de l’Ouest travaille dans le secteur informel de l’économie (ce qui correspond à une moyenne de 41 % du PIB des pays de la région), qui génère également 90 % de tous les nouveaux emplois créés : Toujours dans cette région les apprentissages informels représentent environ 90 % de toutes les formations : patrimoine et fierté.

De fait le chômage ne toucherait alors moins de 10% de la population et moins de 10% des jeunes n’aurait pas reçu une formation (ce qui serait encore moins si on sait que le secteur formel, qui n’est pas appelé à disparaitre, viendrait aussi en complément). Autrement dit il faut amener cet effectif à un niveau de contribution économique important voire déterminant. Il ne s’agit pas de seulement d’inverser les données mais plutôt de voir qu’avec la dynamique que représente l’informel, le choix stratégique de la rendre performante vis-à-vis du Système libéral donnerait à l’Afrique une toute autre dimension.

Pour ceux convaincus par ce simple exposé, l’effort réside à présent dans la conceptualisation de cette philosophie et la production d’outils pour accompagner cette réappropriation de notre Futur en considérant dorénavant le «développement économique» comme une «affirmation de rôle socioéconomique»…