De l’utilité de son projet vers l’offre commerciale

Après quatre ans de publication de blogues, je me devais de reprendre mon souffle et donner une nouvelle orientation à mon travail. J’ai choisi de baptiser celle que j’entame « Indépendance » sous-entendu « indépendance financière ». En effet les premières années ont été consacrées à des articles pratiques d’habilitation au métier et aux codes de l’entrepreneuriat (Correction) et à la sensibilisation voire exhortation de la communauté (Modération) à soutenir et s’engager derrière ces initiatives dont les retombées nous sont profitables. Je me propose, pour la suite de ce travail, de placer des repères sur la voie des entrepreneurs aspirants, au démarrage, en croissance et à accélérer pour aider à la mise en perspective de leurs décisions quotidiennes.

Ma première réflexion porte sur le passage de l’utilité du projet à l’offre commerciale. Pour ceux qui me suivent depuis un certain temps, vous savez que je privilégie la coexistence entre une forme informelle d’entrepreneuriat et le Système libéral avec des points de concordance pour faciliter les échanges. Cela permet une meilleure convergence de l’informel vers les lois du marché pour qu’il s’y fasse une place progressivement. Je précise que l’économie ethnique, pour moi, n’est qu’une réappropriation de l’informel en contexte interculturel par les Diasporas. Ainsi, dans ma conception, l’utilité nait des capacités dont possède l’entrepreneur et qu’il souhaite mettre en œuvre pour dégager un revenu et surtout s’accomplir en honorant sa vie. Ceci déroge de la logique d’observation des besoins des consommateurs pour offrir une solution qu’on ait ou non les moyens internes de la produire.

De ce fait, une fois l’utilité définie clairement et structurée, tout le défi revient à réaliser la première concordance majeure avec le marché qui est de la convertir en offre commerciale qui s’insère judicieusement dans l’écosystème pour in fine générer des revenus. Ce qui nous fait dire que l’économie de communauté est certes une concentration guidée par l’identité mais qu’elle reste ouverte à des échanges équitables (à l’origine du replis).

Le passage de l’utilité du projet à l’offre commerciale demande de fusionner la Définition (cœur de l’entrepreneur informel) et les techniques de ventes (aspect incontournable et essentiel de l’économie libérale). Ceci amène à faire l’exercice besogneux de la promotion éclairée et habile. Je rappelle que le plus souvent, dans l’informel (et à fortiori dans l’ethnique), l’étape de l’étude de marché n’est pas réalisée ou est peu documentée. On tient plus compte de l’intuition (ou foi) que l’on a de pouvoir réussir avec un projet. Ce qui explique les incompréhensions et frustrations vécues par les Diasporas qui doivent passer par la validation d’analystes locaux formatés à la réalité des données brutes et froides des statistiques et prévisions financières.

Faire concorder sa Définition avec des objectifs de ventes à partager avec des parties prenantes semble donc périlleux. Voici ce que je conseille de garder en tête lorsque vient le moment de passer au marché local, régional ou international après une clientèle de proximité :

« Ne pas se braquer sur les exigences des formes de sollicitations commerciales mais tirer le meilleur des deux mondes. Soit, apprendre à proposer son produit ou service selon les règles de l’art en vigueur dans le milieu pour se faire sa place sur le marché tout en gardant la spécificité et la nature de son projet qui est votre raison d’être et qui à un moment donné sera un facteur de différenciation de votre offre. »

C’est donc un nouveau voyage que je vous propose. Le viatique reste l’expérience de terrain et les résultats de recherche de notre Think Tank. En effet, après la fondation des bases conceptuelles sur la mise en place d’un projet informel, voire ethnique, nous allons nous appesantir sur la convergence concrète avec le Système libéral pour, si possible, un jour lui servir d’alternative de qualité.