On ne le dira jamais assez, les artistes sont des entrepreneurs à part entière. Ainsi, la première fois que j’ai vu « Carine au Micro » à l’œuvre c’était lors d’un concert de Flo au Club Balattou Sur Saint-Laurent à Montréal il y a 7 ans. Elle était alors choriste. Depuis elle s’est lancée dans une carrière solo et c’est maintenant à elle de tenir l’affiche toujours dans ce mythique club Balattou le 27 aout prochain avec le Sika Band. En attendant, elle nous reçoit pour nous parler un peu d’elle et de sa carrière.

Bonjour Carine et merci de nous recevoir pour cette entrevue de partage avec les pairs entrepreneurs de entrepreneurethnik.com. Nous souhaitons découvrir votre personnalité et vos attentes à travers un voyage dans votre carrière musicale. Tout d’abord, quel portrait feriez-vous de vous si vous deviez vous présenter?

Tout d’abord merci de m’inviter…

Mon nom est Carine Au Micro. Je suis Africaine d’origine Béninoise. Je vis à Montréal depuis maintenant une douzaine d’années.

J’y suis venue dans un premier temps pour faire mes études et J’ai fini par y rester.

D’où vient votre nom de scène Carine au Micro?

Mon nom de scène m’est venu un peu par hasard. En fait lorsque j’ai voulu utiliser ma page Facebook pour mes activités musicales et culturelles, j’ai pensé que ça serait mieux d’avoir un nom autre que celui inscrit sur mon état civil.

A ce moment-là, je me suis demandé tout simplement quel était mon outil de travail, mis à part ma voix…et la réponse évidente était un micro. Alors j’ai changé mon nom et je suis devenue Carine Au Micro.

J’étais loin de penser que ça serait aussi accrocheur mais je suis contente du résultat. Des fois je me fais même appeler « Au Micro » comme si c’était mon nom de famille! Mais au final ça l’est devenu un peu (sourire) !!!

Vous êtes une artiste interprète et compositrice. Comment décrivez-vous votre style musical?

Effectivement je compose mes propres textes ainsi que les mélodies. Pour ce qui est de la musique, j’ai la chance d’être entourée de très talentueux musiciens qui me connaissent très bien personnellement et musicalement aussi…

Je dirais que la musique est un mélange de toutes mes influences musicales. C’est à dire que ma musique oscille entre la puissance du Gospel, la douceur du Jazz, l’âme de la Soul, l’authenticité du Hip-Hop, du Reggae le tout agrémenté d’une joie de vivre à l’Africaine.

J’ai la chance de côtoyer des musiciens d’un peu partout alors ça ouvre les horizons. Mais mon tripe reste quand même très influencé par l’Afrique.

Quel a été l’histoire de votre carrière musicale en quelques mots. Comment en êtes-vous venus à vous produire sur les scènes québécoises?

J’ai commencé à chanter très tard contrairement au stéréotype du « J’ai commencé à chanter dès ma plus tendre enfance » (rire)

Dans mon cas j’ai commencé par la danse lorsque j’étais enfant. La chanson est arrivée lorsque j’étais au lycée. Je ne savais pas que ça prendrait une telle ampleur à l’époque.

Lors de mon passage en France J’ai fait quelques belles rencontres et j’ai eu de belles opportunités également alors j’ai continué. J’ai fait la même chose en arrivant à Montréal. J’ai continué…tout simplement.

Vous travaillez avec un band de musiciens, le Sika band. Comment se passe votre collaboration? Comment vous organisez-vous pour les concerts et les enregistrements?

Les musiciens avec lesquelles je travaille sont des « Hommes en Or ». Chacun d’eux maîtrise son instrument et j’ai vraiment de la chance de travailler avec eux. Ce sont plus que des musiciens c’est ma famille! Sika veut dire ”Or” dans la langue de ma Mère alors c’est pour ça que j’ai choisi ce nom de groupe.

Étant donné que nous nous connaissons bien tant sur le plan personnel que sur le plan professionnel, je les laisse créer la musique tout autour de mes paroles et de mes mélodies.

Ils me proposent des choses et on ajuste ensemble.

Pour ce qui est des répétions, on a juste à déterminer les chansons à travailler; on se donner rendez-vous et on répète. Mais musicalement je leur laisse vraiment la place. C’est eux les pros (rire).

Pour les enregistrements nous sommes justement en train d’en faire en ce moment. C’est pareil on se donne rendez-vous et on travaille tous ensemble.

Quelles sont vos plus beaux souvenirs de scènes et vos plus grands regrets?

Mes plus beaux souvenirs de scènes…je dirais que ça tourne très souvent autour des moments de complicité que l’on a entre musiciens sur scène ainsi que le contact qu’on crée avec le public qui nous renvoie de l’énergie super positive!

Mes plus grands regrets…honnêtement je n’en ai pas! Lorsque je suis sur scène c’est comme une bouffée d’oxygène, c’est un partage de bonne énergie. Alors je ne peux pas avoir de regret… J’espère ne pas en avoir en tout cas!

Quels sont les artistes qui vous inspirent le plus dans votre travail?

Hum ?!?!? Je mixe plusieurs aspects de plusieurs artistes. Je mixe l’énergie de Angélique Kidjo, avec l’image de Miriam Makeba; J’essaie d’avoir l’élégance de Whitney Houston; L’humilité de Daara J Family… Je garde les yeux ouverts et j’apprends en regardant ceux qui sont passé avant moi et qui ont ouvert le chemin en restant moi même !!!

En tant qu’artiste vous êtes aussi une entrepreneure. Sur quels types de projets aimeriez-vous vous lancer?

Je viens de le faire! Enregistrer mes créations et en osant prendre le monde d’assaut avec ma musique. Car aujourd’hui je crois que si je pousse, je peux le faire…bien (rire).

Ensuite je pense pouvoir me rendre au suivant…

Quel est votre perception du monde artistique et plus précisément de celui de la musique à Montréal. Trouvez-vous qu’il est facile de se lancer dans une carrière musicale et d’en vivre ici plus qu’ailleurs?

Le monde de la musique à Montréal est très difficile surtout lorsqu’on fait un style qu’ils appellent ”musique du monde”. On ne nous laisse pas vraiment de place! Il faut « arracher » sa place en fait.

Ce qui est dommage car Montréal se réclame multiethnique mais on se rend compte que c’est uniquement dans les discours.

Lorsqu’il faut passer à la pratique les gens sont un peu plus frileux!

Mais on n’est pas venu jusqu’ici pour baisser les bras alors on continue. Parce qu’on le veut et aussi parce que le public semble apprécier. Et au final c’est le public qui décide ce qu’il achète ou pas! N’est-ce pas ?!

Enfin quel message aimeriez-vous lancer aux entrepreneurs et aux fans qui vous liront?

Je dirais qu’il est très important de faire ce qu’on aime dans la vie. Même si ce n’est pas à temps plein dans un premier temps.

L’Oxygène, c’est important pour vivre. Et chacun à sa bouteille d’oxygène. Elle est là quelque part et attends juste qu’on l’utilise…

Les artistes, qu’ils soient ou non issus des communautés ethniques, ont les mêmes défis (économiques et non civilisationnels!) que la plupart des entrepreneurs c’est-à-dire trouver du financement pour produire leurs œuvres et surtout engager voire mobiliser un public cible qui leur permettrait de vivre de leur art et réaliser leur rêve. Des solutions existent mais elles demandent un brin d’innovation et d’audace pour sortir des sentiers classiques du formulaire de demande de fond ou du plan d’affaires. Qu’à cela ne tiennent ce n’est pas tant à l’artiste que devrait revenir le poids de lutter pour offrir sa création mais bien à la communauté de changer d’Attitude et d’être prêt à soutenir les initiatives de tous nos acteurs économiques sans se contenter de juste féliciter ou mettre un « like » : acheter au prix juste de préférence auprès de nos entrepreneurs c’est déjà exercer et renforcer notre pouvoir économique. Affaire à suivre…

Pour aller plus loin:

https://www.facebook.com/events/1413441228725558/

http://carineaumicro.com

Pour le plaisir: