Ma rencontre avec Walter Rivera date de mon arrivée au Québec en tant qu’immigrant reçu. Il m’avait été recommandé par des amis et profs de danse de Paris avec qui il était en contact. Après un appel de présentation, on s’est vu la première fois au « Moca Danse » à l’époque où ce bar dansant se trouvait ou coin de Parc et Fairmount à Montréal. J’ai tout de suite apprécié son style de danse et son énergie de vie. Aujourd’hui il me reçoit dans son studio pour nous partager un peu de son expérience…

Peux-tu te présenter en quelques mots ?

Oui absolument ! Mon nom c’est Walter Rivera. Je suis d’origine mixe entre le Guatemala et Cuba. Et puis voilà, j’ai quarante-cinq ans aujourd’hui même ! (Publication différée)

Ah oui ? Ok joyeux anniversaire ! Donc c’est ça, quel a été ton parcours en tant qu’artiste ? Parce que je sais que tu es un artiste danseur…

Mon parcours commence dès la naissance. La réponse est très cubaine. Je suis né artiste. j’ai pas choisis. C’est l’art qui m’a choisi. C’est depuis l’âge de quatorze ans que j’ai développé la danse et que je me suis vraiment mis à la danse. Par la suite ici à Montréal aussi j’ai fait la même chose, toujours une question de danse, j’ai développé tout en danse. J’ai été un peu à l’école. J’ai finis mes études à Dawson College par la suite je suis parti à New York. De New York je suis revenu ici. Après ça j’ai été dans un boys band à Paris ou j’ai chanté avec Sony Music et c’est là que j’ai connu la France et la planète entière par ce que je faisais partie de ce boys band. J’ai travaillé comme chanteur avec des chorégraphes incroyables. C’est là que j’ai connu des artistes incroyables comme Prince, Usher, Justin Timberlake et tous ces gens-là. Je pense que c’est de là que j’ai développé tout ce professionnalisme et voilà…

Et quel était le nom de ce boys band ?

4 you

Ok d’accord ! Et Donc comment tu en es venu à venir t’installer à Montréal ? Comment de la France…

Écoute, au début c’est ici que je suis venu mais à cause des arts j’ai toujours eu le rêve de développer les arts ailleurs mais tu sais dans les années où je suis venu ici, il n’y avait pas la technologie. Il n’y avait pas de Youtube. Il n’y avait rien. Alors il fallait vraiment voyager. Aujourd’hui c’est plus facile pour tout le monde parce qu’on peut vraiment voir les arts sur Youtube. Mais en ce temps-là en partant d’ici je suis allé ailleurs mais avec le rêve de revenir à Montréal et faire un changement. Ça a toujours été mon rêve de me dire qu’avec tout ce que je vois ailleurs, que je le ramène à Montréal et que j’arrive à faire la différence.

Donc tu voyageais tu apprenais et tu revenais à Montréal et enrichissais un peu le style…

Absolument. Écoute j’ai développé tout. J’ai appris beaucoup et par la suite tu viens faire ta propre recette sur la danse. Ta philosophie elle est vraiment propre à toi. J’ai fait 12 ans à voyager dans le sud de la France où j’ai enseigné « histoire de la danse » avec des ateliers de danse, les deux mélangés. Parce que j’aime que ça connecte. L’histoire et la danse ça va ensemble. Tu ne peux pas les déconnecter

Et comment en est tu venu à prendre ce côté entrepreneur à ouvrir ton studio de danse. Quel a été l’histoire…

Écoute, je pense que l’histoire vraiment c’était grâce à Dieu. Ce n’était pas dans ma tête du tout. J’étais bien ou j’étais. Je voyageais, je connais des gens mais Dieu m’a ouvert les portes. En une seconde tu reconnais ta chance et tu vois que vraiment il y a une opportunité de faire ça. Aussi, le côté plus fort encore, c’est que mon fils est ici à Montréal et que je veux qu’il voie ce que je fais dans la vie et non pas qu’on lui dise ce que je fais dans la vie.

Très bien et donc ce studio tu veux le développer ce sera ton occupation principale…

Oui ce studio ici c’est le premier. Alors tu as ici une première vision. C’est sûr que j’ai une deuxième que je vais approfondir avec le temps mais pour l’instant ce que j’essaye de faire c’est de donner aux gens. Donner avant tout. Ce n’est pas un business pour devenir millionnaire mais plutôt pour faire une différence et offrir un service santé beauté et fitness. Pourquoi fitness parce que je pense que j’ai beaucoup travaillé dans les écoles et dans les gym. Je n’ai jamais dit non à aucun travail et je trouve souvent qu’il y a beaucoup de gens qui, après quarante ans, ne trouvent plus de place pour se sentir bien. Et tu sais il y a une différence entre avoir vingt ans et trente ans où tu peux montrer ce que tu as physiquement mais à quarante et plus tu veux juste trouver une place pour être accepté. Je pense fortement que c’est ça que je dois remplir ici. Déjà là on offre du fitness, la massothérapie, l’acupuncture et un bar santé « Green juice » comme on veut l’appeler auprès du public. C’est ça que je veux développer. Ce n’est même pas la danse, c’est ce côté-là. La danse ça va venir par la suite. Par la suite j’ai un projet de danse que je vais développer à partir d’ici.

D’accord donc tu ne nous en dis pas plus c’est une surprise on va essayer de te suivre alors…

Vous savez quand vous allez lire cette interview. Un jour vous allez dire il l’avait dit. Et voilà ça sortira parce que, tu sais, d’où je viens, on dit : « tant que ce n’est pas vraiment devant la porte on ne fait pas de bruit ».

D’accord, donc affaires à suivre comme on dit. C’était un peu ta vision du développement de ton projet mais maintenant j’aimerai savoir à présent comment tu vois un peu le développement économique de ton pays d’origine. Je sais que tu es entre deux pays. Et aussi le développement économique de la Diaspora. Comment on fait des affaires, selon toi. Comment on se débrouille pour se lancer en tant que nouvel immigrant ?

Comme immigrant, pour se lancer, et j’ai souvent discuté de ce point-là, ce n’est pas difficile, c’est différent. Je pense que la technique c’est vraiment apprendre chaque pays. Il y a une structure économique et le mieux c’est de ne pas se battre contre mais plutôt la comprendre et pouvoir l’utiliser. C’est tout l’art. Je trouve que comme les arts martiaux il y a un art aussi pour s’adapter.

(Mon téléphone sonne et nous interrompt)

Je disais dans chaque pays il y a un système établi. Il faut l’apprendre, il ne faut pas se battre contre. Il ne faut jamais se battre contre les systèmes. C’est comme nager sous l’eau il faut savoir qu’il ne faut pas respirer. Alors, dans chaque pays, je pense qu’il y a une structure dont le but n’est pas d’aller contre les citoyens sinon, du moins, nous forcer à la comprendre. Et quand tu la comprends, tu peux l’employer. Je pense que c’est la meilleure manière pour un immigrant de n’importe quel pays qui viens ici de pouvoir exercer un business quelconque. Il y a aussi l’argent. Ça prend de l’argent. Il faut économiser pour mettre de l’argent en jeu. C’est comme ça que je le vois ce n’est pas un investissement c’est de l’argent que tu mets en jeu et voilà. Dans nos pays on a été habitué à se débrouiller et à survivre. Voilà, je pense que ça devient plus facile pour moi de survivre et m’adapter au lieu de me battre contre.

Donc c’est ce qu’on va retenir justement. Pour moi c’est vraiment le message fort que je retiens : « survivre, ne pas aller contre le système mais s’adapter ». Donc es-tu d’accord pour qu’on en fasse notre mot de la fin ?

Absolument !

Et donc Walter, je te remercie.

Merci à toi.

Pour en savoir plus sur le Rivera Dance Studio:

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http://riveradancestudio.com/