7 attitudes pour cultiver votre paresse

Avec la vulgarisation de la connaissance (érudition et spécialisation) et la facilitation de l’accès à celle-ci, la paresse est devenue paradoxalement le comportement privilégié par l’individu face à l’abondance des sources d’information et des sollicitations à l’engagement par l’action.

Face à ce constat l’entrepreneur se doit de rester en alerte pour ne pas perdre de vue que son métier requiert une fréquentation des milieux où se décident les futures tendances sensée voir le jour dans le segment de marché où il est positionné. On ne peut alors faire l’économie d’une veille informationnelle, d’une pratique du compagnonnage professionnel et de la nécessité d’un engagement vis-à-vis de la clientèle (importance de la gestion de la relation client) et des parties prenantes de son projet d’affaires.

Voici donc 7 attitudes négatives (ou dénis) pour être sûr de rater ces objectifs, de ramollir votre cerveau par une baisse d’activité menant inexorablement à l’obsolescence sur le marché.

  1. Ne prenez plus le temps de lire des articles édifiants et des prises de position dans votre domaine d’expertise. Contentez-vous de votre expérience du terrain sans y rajouter des éléments sur l’évolution de la théorie et des pratiques. Bientôt vous ferez partie du musée des entrepreneurs. La connaissance est-elle à rechercher en plus de l’expérience? Tous deux ne forment-elle pas la compétence puis l’expertise?
  2. Ne prenez plus le temps de personnaliser votre présence dans les réseaux sociaux en ligne. N’écrivez plus de recommandations personnalisées  et contenter vous de cliquer sur « Endorse » (Linkedin) au moins votre correspondant aura votre photo sur son profil. Ne commentez plus les posts ni les articles. Contentez de mettre Like en lisant seulement le début de la prise de position. Votre ami saura que vous aimez qu’il écrive ses états d’âme sans susciter le débat. Mais soyez sûr qu’on vous comprendra : vous avez trop d’amis.
  3. Ne vous engagez pas dans un mouvement ou un projet. Contentez-vous d’aimer une page (facebook) ou de fréquenter de temps en temps un blog sans le faire vivre par votre propre contenu et votre contribution à l’idée du projet ou du mouvement. Vous montrez déjà votre support en étant du nombre pourquoi encore militer? On a trop de choses à faire pour bâtir son propre bonheur pourquoi faire avancer les débats et les idées pour les générations suivantes ou une communauté? C’est bien connu l’engagement politique c’est pour les idéalistes et mène toujours à la corruption. Il est préférable de passer son temps à se plaindre de payer trop d’impôts et ne pas recevoir le revenu mérité.
  4. Réfugiez-vous dans la routine. C’est un confort qui n’a pas de prix. La routine n’est bien sûr pas l’hygiène de vie mais on peut créer l’amalgame pour tromper sa conscience. Traiter un problème nouveau est si terrifiant et demande tant sur le plan de la maîtrise de soi qu’il est mieux de faire suivre à un tiers ayant plus d’expérience ou qui est un soutien habituel. L’entrepreneur ne peut-il pas fuir de temps à autre sa responsabilité face au client en se reposant sur le sous-traitant? Ne doit-il pas assumer son rôle et représenter sa compagnie avec professionnalisme ou se contenter des outils et attributs de l’exercice qui gonflent l’égo (site Internet, cartes d’affaires, brochures …).
  5. Remettez toujours à demain votre devoir d’honorer vos engagements : paiement de factures, de dettes, de prestations de sous-traitants. Ne livrez pas au client dans les temps car son projet a été unique. Connaissez-vous des projets qui ne sont pas uniques? Si oui pourquoi ne pas les appeler « opérations » et mettre en place un processus de gestion? La contingence sera toujours votre meilleure amie pour tenir les délais. Elle va de pair avec le respect de sa parole et la conscience que l’on a de son intégrité professionnelle.
  6. La loyauté et la sincérité dans l’action demande des efforts et je ne sais si votre personne entière est prête à la fournir. Offrez donc du répit à votre cerveau. Pas besoin de s’encombrer avec des lois morales et des valeurs. Il est important de s’adapter aux situations et environnements économiques mais l’éthique est trop coûteuse. C’est plus un élément dont se soucient de grosses structures économiques. En tant qu’entrepreneurs individuel ou PME on peut s’accommoder à cette exigence.
  7. Pour être complet dans les clichés, il est de coutume de dire, en matière de relation, que les hommes ne savent pas ce qu’ils veulent et peinent à s’engager (quand ils ne se défilent pas pour toujours vivre dans l’inconnu des rencontres) et que les femmes savent exactement ce qu’elles veulent et peinent à l’obtenir (quand elles ne se résignent pas à choisir le compromis qui s’impose avec le temps). Cette digression vise à vous encourager à ne pas connaître la nature humaine et vous lancer dans une approche purement technocrate des affaires sans vous connaitre, vous, et vos aspirations profondes et surtout sans connaître vos clients, leurs besoins et attentes. Un consultant en marketing pourra redresser votre positionnement lorsque vous aurez passé plusieurs années sans atteindre vos objectifs de ventes.

Ces attitudes sont essentielles pour laisser votre cerveau en paix et vivre une vie sans efforts ni désir d’accomplissement personnel. Le bonheur en toute paresse. Bon courage alors! (le courage ne demande pas d’effort non plus; juste une disposition intérieure)

« La correction dans les attitudes d’affaires exige un engagement sincère dans l’action de l’entrepreneur et dans sa réflexion. »