« L’aide au développement a pris souvent, par le passé, la forme de l’intervention technique et financière directe mettant en jeu des experts et des réalisations dont seul le bénéfice à court terme était recherché. Cela semble avoir fragilisé la capacité d’initiative des populations ainsi assistée tant par la facilité de recourir à la politique de la main tendue que par une perte de confiance en soi progressive. Bien que l’approche aie évoluée vers des méthodes permettant la mise à contribution des acteurs locaux, il n’en demeure pas moins que l’état paradoxal du fossé matériel ne permettent pas toujours un travail équitable et optimal entre les parties prenantes. Les partenaires des suds étant cantonnés au rôle d’expert de proximité avec les réalités locales et ceux des nords à celle des méthodologies et du financement dans un mode d’administration et une planification stratégique descendante. Or, l’initiation des interventions devrait se faire depuis l’identification des priorités faites à la base par les acteurs communautaires et mettant en jeu à ce moment la définition de moyens adéquats d’une coopération tout azimut internationale. Il est trop fréquent de voir des projets pertinents aller à la recherche d’une justification et d’une validation selon un menu d’offre de financement plus ou moins rigides auquel on doit s’adapter au péril trop souvent de leur esprit informel. Il devrait y avoir de la place pour une performance économique qui respecte la diversité culturelle et le droit à la souveraineté lorsque l’on met l’effort et le temps de la construire à partir de ces fondements naturels dans le contemporain. »